La section neuchâteloise de Patrimoine Suisse et l’Association de Quartier Serrières Bouge ! ont présenté mercredi un rapport faisant l’inventaire des cités ouvrières et cités-jardins de la commune de Neuchâtel. Son but : inciter les autorités à protéger ce patrimoine.
La section neuchâteloise de Patrimoine Suisse et l’Association de Quartier Serrières Bouge ! se sont alliées pour publier un rapport faisant l’inventaire des cités ouvrières et cités-jardins de la commune de Neuchâtel. Le but pour les deux entités est de démontrer aux autorités communales et cantonales que tous ces bâtiments sont dignes d’être protégés.
Dans « L’habitat ouvrier moderne en ville de Neuchâtel : cités ouvrières et cités-jardins », on retrouve un inventaire qui fait état de 17 cités datant de la période 1850-1920. Parmi elles, 15 bénéficient déjà d’une protection. En revanche, deux d’entre elles, appartenant à la Commune de Neuchâtel, restent sous la menace d’une destruction : la cité des Deurres et celle des Battieux.
Ces dernières font partie des bâtisses qui ont permis, à l’époque, la démocratisation de l’habitat moderne accessible à la classe ouvrière. « Ces bâtiments sont des témoins précieux de l’histoire urbaine et sociale de Neuchâtel », relève le géographe et membre du comité de l’Association de Quartier Serrières Bouge !, Jonas Aegerter.
Des exemples pour le futur
Pour le co-auteur du rapport, Jonas Aegerter, il s’agit aussi de montrer que ces immeubles peuvent être une source d’inspiration pour les constructions futures. À l’heure où la densification du bâti relève de l’intérêt public, il souligne : « Si on s’intéresse à ces cités ouvrières, on peut voir qu’elles sont denses. À l’époque, un appartement de trois pièces faisait 60 mètres carrés ; aujourd’hui, c’est plutôt 120. »
Jonas Aegerter insiste également sur le fait que la verdure présente dans les parcelles où sont construites les cités ouvrières fait office de « petits poumons » pour la ville et ses habitants. Selon lui, à l’avenir, il pourrait être intéressant de s’inspirer de cet urbanisme pour tenter de limiter les îlots de chaleur.
Jonas Aegerter : « Ce sont des petits poumons. »
Influencer les autorités
Bien que le rapport ait une forte dimension historique, Patrice Allanfranchi, membre du comité de Patrimoine Suisse, Section neuchâteloise, et co-auteur du rapport, espère que son travail permettra de convaincre les autorités communales de Neuchâtel, mais aussi le canton, de protéger ces bâtisses historiques.
Patrice Allanfranchini : « Quand on remet un rapport à quelqu’un, le premier espoir que l’on nourrit, c’est que cette personne le lise. »
Des cités abandonnées
« Aujourd’hui, on observe que lorsqu’une personne quitte un appartement qui se trouve dans la cité des Battieux ou des Deurres, ce dernier n’est pas remis sur le marché de la location, et cela nous inquiète », déclare Olivier Forrel, président de l’Association de Quartier Serrières Bouge ! Ces bâtiments doivent, selon lui, conserver leur rôle social, un rôle qui leur était attribué dès leur construction.
Le rapport a été transmis aux autorités communales et cantonales. Il reste désormais à voir s’il permettra aux cités ouvrières des Deurres et des Battieux de rester debout. /yca










