Un comité de soutien, appuyé par la gauche, a présenté mercredi un projet de modification de la Constitution cantonale. En premier lieu symbolique, le texte entend améliorer la reconnaissance et les droits des retraités.
Déconsidérés, oubliés ou relégués au second plan, les seniors du canton veulent se faire entendre. Un comité de soutien, constitué de plusieurs associations, souhaite modifier la constitution neuchâteloise pour que la place et les droits des retraités soient mieux pris en compte.
Concrètement, le texte emmené par la députée au Grand Conseil Céline Dupraz (POP) propose de mieux considérer les retraités et de répondre à leurs besoins dans le domaine des soins, mais aussi dans les loisirs et le bénévolat.
Pour être « reconnus »
Selon le comité de soutien, la volonté est surtout d’amener une plus grande reconnaissance envers cette population. « On a le sentiment qu’on nous regarde autrement, qu’on est à charge », expose Claude-Alain Kleiner, président de l’association de défense des retraités, l’AVIVO Neuchâtel. « On attend de la considération pour ces grands-parents qui suppléent et pallient le manque de structures d’accueil. Cela doit être reconnu au niveau politique », poursuit-il.
Claude-Alain Kleiner : « Il y a beaucoup de retraités en grosses difficultés. »
Impact économique
Pour souligner l’importance d’une meilleure reconnaissance des retraités, le comité de soutien met aussi en avant la contribution sociale et économique de cette tranche de la population. « Pas moins de 75 % des grands-parents gardent leurs petits-enfants au moins une fois par semaine. Ça représente 400'000 heures par jour en Suisse et 8 milliards de francs par année », précise Jean-Michel Erard, président de l’association Être Grands-Parents Aujourd’hui Neuchâtel.
Jean-Michel Erard : « Plus de 10% des grands-parents gardent leur petits-enfants entre 20 et 29 heures par semaine, c’est énorme. »
Pression et fatigue
La garde des petits enfants, mais aussi potentiellement d’un parent encore en vie, nécessite du temps et de l’énergie aux seniors. De quoi craindre pour la santé de ces derniers, selon Jean-Michel Erard : « ça amène de la pression, de la fatigue et ça prend sur les loisirs des grands-parents. »
Jean-Michel Erard : « Cette pression dépend des moyens financiers de la famille. »
Ce projet de reconnaissance des personnes retraitées dans la Constitution neuchâteloise ne sera toutefois pas pour demain. D’ici à ce que la mention des retraités y figure, comme à Fribourg et à Genève, le texte doit encore être finalisé en commission, approuvé par le Grand Conseil et, si tel est le cas, soutenu en votation par la population neuchâteloise.
À noter encore que si la voie législative échoue, le comité reste « disposé à récolter les 6'000 signatures requises pour lancer une initiative populaire ». /gjo









