Digiflux, la nouvelle bête noire des agriculteurs ?

A partir du 1er janvier 2025, les paysans devront inscrire tous les flux de produits utilisés ...
Digiflux, la nouvelle bête noire des agriculteurs ?

A partir du 1er janvier 2025, les paysans devront inscrire tous les flux de produits utilisés dans leur exploitation sur une plateforme digitale de l’Office fédéral de l’agriculture. Un changement qui engendre résistance et méfiance, y compris dans le canton de Neuchâtel.

Y a-t-il des nuages à l'horizon pour les agriculteurs avec l'arrivée de la plateforme Digiflux ? Y a-t-il des nuages à l'horizon pour les agriculteurs avec l'arrivée de la plateforme Digiflux ?

Dès le 1er janvier prochain, tous les agriculteurs suisses seront tenus d’envoyer numériquement à l’Office fédéral de l’agriculture les flux des produits qu’ils utilisent sur leur exploitation : engrais, aliments pour animaux et produits phytosanitaires. Cette nouvelle plateforme s’appelle Digiflux. Elle est censée alléger la charge administrative des paysans, réduire l’utilisation de papier et participer à rendre les sols et l’agriculture suisses toujours plus sains. Mais les milieux agricoles font de la résistance, selon la NZZ am Sonntag. Vice-président de l’Union suisse des paysans, l’agriculteur et député PLR au Grand Conseil neuchâtelois Damien Humbert-Droz confirme les craintes qui remontent du terrain. Selon lui, il est impératif que ce nouvel outil « se cantonne aux bases légales et que ce ne soit pas notre machine administrative suisse qui se mette en route pour complexifier la vie du citoyen et de l’agriculteur. Une partie des tâches est déjà effectuée aujourd'hui. Mais le développement de l'outil fait peur à l'agriculture. »


La plateforme découle d'une loi

Au Conseil national, une motion d’un UDC fribourgeois a passé la rampe pour rendre l’utilisation de Digiflux facultative. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. Cette plateforme concerne aussi les entreprises horticoles et forestières. Ce système d'information centralisée découle de la loi sur la réduction des risques liés à l'utilisation de pesticides, que le Parlement a acceptée en 2021.

Damien Humbert-Droz : « Avec ce nouvel outil, il y a forcément une crainte. » 

Si certains agriculteurs suisses disent vouloir refuser ce changement, les paysans neuchâtelois ne semblent pas non plus pressés de s’y mettre. Ce changement « ne nous laissera plus de marge de manœuvre. Après une grosse semaine, il faudra vite écrire les choses. On sera épié avec des jumelles », craint Quentin Ducommun, agriculteur à Areuse. « On est des techniciens, on soigne notre bétail au mieux, on entretient nos herbages et nos cultures au mieux, on produit de la nourriture du mieux qu’on peut, et l’administratif, ce n’est pas ce qui nous passionne le plus », formule Christophe Ummel, agriculteur au Valanvron et président de la Société d’agriculture du district de La Chaux-de-Fonds.

Christophe Ummel : « Si c'est juste un truc qu'on rajoute en plus... » 

S’il comprend la philosophie du projet, le Chaux-de-Fonnier estime que l’utilité du nouvel outil lui semble toute relative pour des exploitations « assez simples » comme celles des montagnes, par opposition aux cultures de plaine où les flux de produits d’exploitation « bougent beaucoup ». /vco

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