Le MahN raconte les origines d’un trésor

Dans sa nouvelle exposition intitulée « Courbet, Monet, Renoir… Focus Provenance », le Musée ...
Le MahN raconte les origines d’un trésor

Dans sa nouvelle exposition intitulée « Courbet, Monet, Renoir… Focus Provenance », le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel présente le résultat de ses recherches sur l’origine des 69 œuvres du legs d’Yvan Amez-Droz.

Cinq tableaux (ici le Bateau-Atelier de Monet) à l'histoire particulière ont été marqués d'un cercle blanc. Une vitrine d'archives retrace leur parcours. Cinq tableaux (ici le Bateau-Atelier de Monet) à l'histoire particulière ont été marqués d'un cercle blanc. Une vitrine d'archives retrace leur parcours.

Les œuvres du legs d’Yvan Amez-Droz font leur retour au MahN. Elles sont au centre de la nouvelle exposition du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, intitulée « Courbet, Monet, Renoir… Focus Provenance ». Celle-ci présente au public les résultats de plusieurs années de recherches sur l’origine des pièces de la collection.

Lors de l’arrivée des 69 œuvres au musée en 1979, l’attention se focalise sur l’authenticité des pièces, mais pas sur leur provenance. Or, au tournant du XXIe siècle, la recrudescence des débats sur l’art spolié entre 1933 et 1945 relance les discussions. C’est dans ce contexte qu’en 2019, grâce au soutien de l’Office fédéral de la culture, le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel conduit une recherche sur la provenance de ces biens. L’enquête devait établir « qu’aucune œuvre n’a été spoliée, étant donné que cette collection avait été réunie à Paris entre 1920 et 1960 », explique Laurent Langer, co-directeur du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel.

Laurent Langer : « Aucune œuvre de la collection ne présente de preuve de spoliation. »

Zones d’ombres

Sur les 69 objets qui composent la collection, 68 ont été examinés lors de cette recherche. Une seule œuvre, réalisée après 1945, a été logiquement exclue de l’enquête. Après des mois de recherches, les travaux ont permis de séparer les œuvres en quatre catégories. Parmi les pièces analysées, cinq d’entre elles se trouvent en catégorie A, soit celle qui regroupe les œuvres dont l’historique est pleinement retracé. Pas moins de 59 objets sont en revanche classés en catégorie B et conservent des provenances incertaines ou lacunaires. Cinq tableaux de la collection se retrouvent en catégorie C, une classe où des indices de spoliation existent, mais sans preuve formelle. Enfin, aucun des objets de la collection n’a été classé en catégorie D, dans laquelle sont répertoriées des oeuvres spoliées.

En clair, un doute demeure pour la grande majorité des pièces de la collection. « Il reste des périodes lacunaires, mais des archives continuent d’être dépouillées et nos connaissances sont amenées à évoluer encore », affirme Diane Antille, commissaire de l’exposition.

Diane Antille : « On a essayé d’éclairer le passé des œuvres au maximum. »

Un trésor et des pièces d’exception

Ces recherches ont aussi permis de mieux comprendre le parcours de ces œuvres, passées parfois entre de nombreuses mains à travers les ans. C’est par exemple le cas du Bateau-Atelier de Claude Monet, offert dans un premier temps à Émile Zola et qui a connu de multiples propriétaires, pour finalement arriver chez Yvan Amez-Droz. « Il a collectionné les grands noms de la peinture, mais aussi les artistes majeurs de la sculpture par exemple », note Diane Antille. 

« Des dessins et des pastels d’une qualité exceptionnelle. »

L’exposition « Courbet, Monet, Renoir… Focus Provenance », est à découvrir dès ce dimanche au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. Des visites guidées de ce nouvel espace sont également prévues ces prochaines semaines. /gjo


 

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