Mal, mais constant, c’est comme ça qu’on pourrait qualifier la pêche dans le lac de Neuchâtel. D’ailleurs, le nombre de professionnels actifs sur le plan d’eau a drastiquement diminué au fil des décennies. « Il y a un siècle, il y avait plus de 150 pêcheurs. Aujourd’hui, on est onze actifs », constate Olivier Junod qui vit de la pêche à Cortaillod depuis 24 ans.
La situation n’est pas propre au plan d’eau neuchâtelois. Il y a quelques jours, la Tribune de Genève relayait le désespoir des pêcheurs du Léman qui constatent une diminution inquiétante des prises de perches. Olivier Junod confirme, 2024 a été une mauvaise année.
Olivier Junod : « C’est un peu la cata en ce moment. C’est une grande régression partout. »
Il est difficile de comparer les lacs Léman et de Neuchâtel. Le plan d’eau genevois « a toujours donné plus de poissons à ses pêcheurs, mais actuellement, ils sont aussi embêtés que nous », constate Olivier Junod.
Pour survivre, les pêcheurs mettent toutes les chances de leur côté. Ils se remettent à attraper des espèces auxquelles ils avaient renoncé, ils passent plus d’heures sur le lac et travaillent à plusieurs pour réduire les charges. Olivier Junod a même dû à certaines occasions reprendre son premier métier de serrurier.
« On encourage la plupart des pêcheurs à avoir un autre métier. »
Depuis six ans, Olivier Junod ne pêche plus de bondelles, pour des raisons de rentabilité. « Ça ne paie même pas l’essence », s’exclame-t-il. Il préfère les laisser nager en attendant qu’elles se portent mieux. Mais pour ça, il faudrait que le milieu dans lequel elles évoluent se porte mieux lui aussi. Tant que le plancton - à la base de la chaine alimentaire - viendra à manquer, les populations de poissons continueront de stagner, voire de régresser.
« L’eau n’est pas trop propre. Elle a trop de mauvais produits dedans. »
Au fil des ans, la saison de la pêche s’est aussi réduite. Elle est passée de six mois à trois ou quatre. La meilleure période reste l’été. Mais cette année, même le mois d’août n’a pas été terrible.
« Il n’y a pas beaucoup, mais c’est régulier. »
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