Nourriture, logement, habillement, soins médicaux de base… Les enfants – souvent de requérants d’asile déboutés – bénéficiant de l’aide d’urgence doivent être mieux entourés, selon une étude confiée notamment à l’Université de Neuchâtel.
Nourriture, logement, accès à la formation… Il faut prendre rapidement des mesures pour améliorer les conditions de vie des mineurs qui bénéficient de l’aide d’urgence en Suisse. C’est la conclusion d’une étude des universités de Neuchâtel (pour le volet juridique) et Zurich (pour la partie psychologique et sociale) mandatée par la commission fédérale des migrations. Ce soutien concerne souvent les enfants de requérants d’asile déboutés. Conçu par le politique comme aide minimale, pour décourager ces sans-papier de rester en Suisse, ce dispositif s’avère nocif pour le développement d’enfants qui n’ont fait que suivre leurs parents sur le chemin de l’exil. « L’aide d’urgence sur le long terme n’est pas viable pour les enfants et ça concerne 50% des enfants à l’aide d’urgence », précise l’ancienne conseillère d’Etat vaudoise Cesla Amarelle, professeure à l’Université de Neuchâtel et co-auteure du volet juridique de l’étude.
Cesla Amarelle : « Il y a beaucoup de différences de traitement entre les cantons. »
Cesla Amarelle explique que cette situation problématique découle d'un paradoxe politico-juridique : « Ce qui est donné en termes de nourriture, de logement, d’habillement, de soins médicaux de base se limite à assurer une survie décente, alors que (juridiquement) l’Etat se doit de délivrer des prestations qui permettent le bon développement (des enfants). »
« Politiquement, on voulait mettre l’aide d’urgence dans un niveau de très bas seuil pour que les requérants déboutés partent. »
Cesla Amarelle en appelle à une « prise de conscience du point de vue politique, mais aussi des autorités en général », ainsi qu’à la mise en place d’une série de mesures pour améliorer le quotidien de ces enfants. « C’est entre les mains de la commission fédérale des migrations et surtout de la conférence intercantonale des directeurs de l’action sociale. », précise l'ancienne conseillère d'Etat vaudoise. /vco









