Nous sommes allés prendre la température chez nos voisins français, à quelques jours du second tour des élections législatives, pour comprendre la montée du Rassemblement national (RN).
Le Rassemblement national (RN) va-t-il obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale française dimanche ? C’est la question que le monde politique se pose, après la victoire du parti d’extrême droite dimanche dernier au premier tour des législatives. Nous sommes allés prendre la température en France voisine, à Villers-le-Lac.
Le RN a fait une entrée remarquée dans la cinquième circonscription du Doubs à l’occasion de ce scrutin. Florianne Jeandenand (RN), policière à la retraite, inconnue au bataillon en politique, talonne Annie Genevard (LR), la secrétaire générale des Républicains, ancienne maire de Morteau et vice-présidente de l’Assemblée nationale pendant cinq ans. Et à Villers-le-Lac, commune frontière de la Suisse et frontalière, la candidate du RN frôle les 30%.
« Même les frontaliers votent » pour le RN
Des résultats qui déboussolent ceux qui refusent de voter pour l’extrême-droite. « Moi, ça me fait peur. Même les frontaliers votent ça… Je n’ai pas envie de voter pour les extrêmes, surtout dans la région, on n’est quand même pas à se plaindre ! », réagit André. « Je pense que c’est le ras-le-bol de tous les gens, peut-être qu’on ne les écoute pas assez. Personnellement, je ne ressens pas ça », explique Nicole, qui votera pour Annie Genevard, pas par conviction, mais pour faire barrage à l’extrême droite.
« Je me sens en insécurité »
Pourquoi le RN séduit-il ? Chez les personnes que nous avons rencontrées, c’est principalement le discours du parti sur l’immigration qui fait mouche.
« Je me sens en insécurité. J’ai vécu dans le nord auparavant et on ne sortait plus. Je me suis déjà fait agresser plusieurs fois, donc ras-le-bol. Dans la région aussi, ça commence, il y a des endroits dans lesquels on ne peut pas aller », raconte Eva.
Certains feront barrage à l'extrême droite
La question, c’est de savoir si le RN va confirmer dimanche au second tour et obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Certains électeurs sont prêts à faire barrage à l’extrême droite. Julie n’est pas allée voter au premier tour, mais elle ira dimanche, parce que sinon, comme elle le dit elle-même, « ça va être le bazar quand même ». /vco









