Il avait puisé 36'000 francs dans les caisses de son parti. L’ex-politicien vallonnier a comparu devant le Tribunal de police de Boudry vendredi matin
Une affaire qui coûte cher financièrement, mais aussi socialement. L’ancien président du PLR Val-de-Travers a comparu vendredi matin devant le Tribunal de police de Boudry. Il est accusé d’avoir piqué plus de 36'000 francs dans les caisses de son parti. Les faits se sont produits entre juin 2022 et avril 2023 lorsqu’il cumulait les fonctions de président, trésorier et secrétaire de la section libérale-radicale du Vallon. Le prévenu a admis les faits, a déjà remboursé entièrement l’argent volé et le Parti libéral-radical a retiré sa plainte. Par conséquent, l’ex-politicien est exempté de peine.
Une âme en peine
C’est un homme profondément marqué et rongé par la culpabilité qui s’est présenté face à la juge. Dès l’entame de son audition, il plaide coupable. Pour expliquer son méfait, ce policier à la retraite évoque des charges qui augmentent et des revenus en baisse. Il peine à payer ses factures courantes. Il se sert alors une première fois dans les caisses. En parallèle, il demande une augmentation de son hypothèque pour effectuer quelques travaux sur sa maison, ce que la banque lui refuse. C’est là que le piège se referme. L’homme tape sur Internet « crédit pour retraité », s’engage avec une institution qui lui demande de l’argent, mais il ne voit jamais la couleur du crédit. C’est une arnaque. Il puise alors encore de l’argent. Pour sortir de l’engrenage, le prévenu tente de vendre sa maison en viager. Sans réussite. « J’étais dans une impasse », explique-t-il.
Acculé, paniqué, l’ex-politicien avoue alors aux responsables de la section avoir prélevé de l’argent dans les comptes. L’affaire devient publique. « J’ai sous-estimé les dégâts collatéraux de mes agissements vis-à-vis de ma famille et de mes proches », dit-il, en pleurs, face à la juge. Son avocate, elle, évoque « des conséquences disproportionnées, immédiates et qui perdurent. Une perte de confiance familiale et conjugale. Une personnalité connue et reconnue qui aujourd’hui se retrouve terriblement seule », ajoute-t-elle. L’homme avoue d’ailleurs avoir « beaucoup de peine à s’en sortir psychologiquement ». Scène peu commune en audience, la présidente du Tribunal l'a même invité à désormais « prendre soin de lui ».
Coupable d’abus de confiance
Le prévenu a pu rembourser l’intégralité des sommes volées grâce à un prêt issu d’un membre de sa famille. Avec le retrait de la plainte et l’admission des faits, les conditions sont remplies pour que l’ancien président de la section vallonnière du PLR soit exempté de peine.
Mais il est toutefois reconnu coupable d’abus de confiance. La défense souhaitait un classement de la procédure. « Ce qui n’est pas possible une fois l’affaire renvoyée au tribunal », a expliqué la juge, s’appuyant sur la jurisprudence et précisant que seul le Ministère public est en mesure de le faire. Un point fondamental plaidé par l’avocate pour éviter toute inscription au casier judiciaire. Le Vallonnier ne peut donc pas sortir du tribunal avec un casier vierge. Et s’il n’est pas sanctionné d’une peine pécuniaire, l’intégralité des frais, qui s’élèvent à 1’480 francs, sont à sa charge.
Une annonce d’appel peut être faite dans les dix jours. /jpp









