La crise de l’eau au Club 44

L’institution chaux-de-fonnière accueille jeudi soir l’hydrologue française Emma Haziza pour ...
La crise de l’eau au Club 44

L’institution chaux-de-fonnière accueille jeudi soir l’hydrologue française Emma Haziza pour parler de cette thématique occultée ces trente dernières années dans toutes les COP. Pourtant, d’ici 2050, 40% de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau

Emma Haziza, hydrologue française et fondatrice de Mayane, centre de recherches appliquées dédié à l’adaptation climatique. (Photo : Emma Haziza) Emma Haziza, hydrologue française et fondatrice de Mayane, centre de recherches appliquées dédié à l’adaptation climatique. (Photo : Emma Haziza)

Emma Haziza à La Chaux-de-Fonds. L’hydrologue française et fondatrice de Mayane, centre de recherches appliquées dédié à l’adaptation climatique, donne ce jeudi soir une conférence au Club 44 sur le thème « Crise de l’eau, mère de toutes les crises ». Environ quatre milliards de personnes dans le monde doivent déjà affronter des pénuries d'eau au moins un mois par an. Une problématique qui inquiète les pays du G7, qui se sont réunis à Turin lundi et mardi de cette semaine pour faire face à la crise mondiale de l’eau. Une première.


Accélération du phénomène de sécheresse

Emma Haziza expliquait jeudi dans La Matinale RTN qu’en France « dans les années 2000-2005 on pouvait avoir quelques moments chauds, mais nous n’avions pas imaginé que nous pouvions manquer d’eau au robinet. Entre 2017 et 2022, il y a une accélération du phénomène de sècheresse avec, dans certaines zones, des bascules. En 2022, plus de 1’300 communes ont connu une rupture d’alimentation en eau potable. Ça a été un véritable choc en France. » Ce phénomène s’est produit dans toute l’Europe, la Suisse n’y échappe pas. Et cette tendance va se poursuivre. « C’est-à-dire qu’on a une pente ascendante. À chaque fois on va plus loin dans l’augmentation des températures. Et derrière, c’est le cycle de l’eau qui s’accélère. »

Il y a donc davantage d’évaporation massive, ce qui conduit à des sècheresses éclairs, mais aussi à plus de précipitations. Emma Haziza relève que le manque d’eau met également en lumière le problème de sa qualité. « On voit des phénomènes que l’on appelle d’eutrophisation des cours d’eau. C’est-à-dire des cours d’eau qui ont trop d’éléments chimiques qui ont été transportés, comme des engrais et des phosphates. Et à un moment donné, ces cours d’eau ont tendance à s’étouffer, à manquer d’oxygène avec toute l’atteinte sur la biodiversité, et un risque de potabilité. » Un risque qui, relève Emma Haziza, a été complètement occulté ces trente dernières années dans les COP sur le climat.


Entretien avec Emma Haziza, hydrologue française et fondatrice de Mayane :

L’eau virtuelle

Nonante pourcents de l’eau que l’on utilise aujourd’hui « on ne la voit pas. C’est ce que l’on appelle l’eau virtuelle. » Il s’agit de l’eau qui se cache dans nos consommations énergétiques. « La plupart des formes énergétiques nécessitent de l’eau, même le fossile. (…) Pour aller chercher du pétrole, il faut injecter de l’eau pure. En parallèle de cela, nos vêtements, le coton a besoin d’eau, notre assiette a besoin d’eau, à peu près 3'000 litres d’eau par jour minimum, et cette proportion augmente plus on consomme de viande. » Les produits consommés ont bien souvent été fabriqués ailleurs. « Bien souvent, certaines économies se font au détriment des futurs de certaines populations. C’est le cas par exemple en Inde. »

« Crise de l’eau, mère de toutes les crises » la conférence de Emma Haziza, se tiendra jeudi à 20h15 au Club 44 à La Chaux-de-Fonds. /sma


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