Le bostryche particulièrement vorace à Neuchâtel

L'insecte creuse des galeries qui finissent par tuer les épicéas… Le bostryche a été particulièrement ...
Le bostryche particulièrement vorace à Neuchâtel

L'insecte creuse des galeries qui finissent par tuer les épicéas… Le bostryche a été particulièrement dévastateur l’année dernière dans les forêts neuchâteloises. Mais cela n’empêche pas l’exploitation forestière

La larve du bostryche creuse ses sillons dans le bois. (Photo: archives) La larve du bostryche creuse ses sillons dans le bois. (Photo: archives)

Neuchâtel fait partie des cantons les plus affectés par le bostryche typographe.

C’est ce qui ressort des chiffres de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage. Avec Vaud et Soleure, la région neuchâteloise est celle où ce parasite de l’épicéa se montre le plus gourmand. Mais toute la Suisse est touchée. En 2023, le nombre de foyers d’infection a augmenté de 14% par rapport à l’année précédente, qui avait déjà connu une hausse.

Un bostryche typographe, relève Marc Ballmer, ingénieur forestier, responsable notamment de la santé et de la protection des forêts au Service de la faune, des forêts et de la nature du canton de Neuchâtel, c’est un coléoptère qui pond ses œufs dans la partie vivante de l’épicéa. Les larves de l’insecte finissent par bloquer la circulation de la sève et par tuer l’arbre.

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Si le bostryche cause davantage de ravages que d’habitude depuis deux ans, c’est la faute au climat, ou en tout cas à la météo. Les étés caniculaires et autres événements hors-normes se sont conjugués pour affaiblir les arbres. L’insecte a ainsi pu proliférer.

« Même les bois qui ont été renversés ont pu être infectés », ajoute Marc Ballmer

Le bostryche typographe, un petit insecte qui peut causer de gros dégâts (photo d'illustration). Le bostryche typographe, un petit insecte qui peut causer de gros dégâts (photo d'illustration).

Si Neuchâtel fait partie des régions les plus touchées, c’est peut-être à cause d’événements météo plus extrêmes qu’ailleurs, comme les épisodes de grêle de 2021 et la tempête de 2023. Il est également possible que les pics épidémiques aient eu lieu plus tôt ailleurs en Suisse et que Neuchâtel ait été frappé plus durement tout simplement parce qu’il restait davantage d’épicéas à infecter.

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Pas une perte totale

La principale mesure de lutte contre la prolifération du bostryche, c’est d’abattre les arbres infectés avant qu’il ne soit trop tard. Le nombre de ce que les professionnels appellent des exploitations forcées a augmenté de 8% l’année dernière en Suisse. Mais ça ne représente pas nécessairement une perte sèche pour les propriétaires forestiers, dans la mesure où le bois recueilli suffisamment tôt reste exploitable commercialement.

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Si le bostryche est responsable de la mort de certains arbres, il ne représente pas un risque existentiel pour les forêts d’épicéa. Même si certaines années sont dévastatrices, les jeunes individus repeuplent nos forêts une fois que le parasite a fait rage. /jhi


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