Analyse : pourquoi la gauche pleure au Locle et rit à La Chaux-de-Fonds ?

Deux villes semblables, y compris politiquement, mais deux votes différents. Notre correspondant ...
Analyse : pourquoi la gauche pleure au Locle et rit à La Chaux-de-Fonds ?

Deux villes semblables, y compris politiquement, mais deux votes différents. Notre correspondant analyse les résultats des élections communales dans les deux villes des Montagnes neuchâteloises

Notre correspondant analyse les résultats contrastés à La Chaux-de-Fonds et au Locle lors des élections communales du dimanche 21 avril. Notre correspondant analyse les résultats contrastés à La Chaux-de-Fonds et au Locle lors des élections communales du dimanche 21 avril.

Destins croisés pour les deux villes des Montagnes neuchâteloises lors des élections communales ce dimanche avec le basculement historique du Conseil communal du Locle à droite. Dans le même temps, la gauche s’est renforcée à La Chaux-de-Fonds en obtenant la majorité qualifiée au Conseil général. Ces deux villes qui se ressembles, ouvrières et traditionnellement de gauche, n’ont pas voté de la même manière.

L’analyse des résultats par notre correspondant dans les Montagnes Vincent Costet :

La raison : des dynamiques politiques internes très différentes. Au Locle, les résultats s’expliquent autant par la victoire du PLR – contrairement à la tendance observée dans l’ensemble du canton – que par la défaite de la gauche, en particulier du POP. Une gauche unie – le POP est parti seul au combat – aurait peut-être pu sauver sa majorité au Conseil communal. Les popistes ont sûrement commis une erreur en sortant, durant la même législature, leurs deux locomotives électorales qu’étaient Denis de la Reussille et Cédric Dupraz.

Dans la Mère-Commune, la gauche ne va pas très bien. Le parti socialiste doit encore refaire sa place et pour les popistes, visiblement, c’est le moment de se constituer de nouvelles figures tutélaires. Denis de la Reussille, que nous avons joint par téléphone, se désole quant à lui de l’interminable chute du taux de participation. Ce dernier a atteint moins de 28% cette fois au Locle. Un désintérêt, qui, selon le popiste, est plutôt à constater chez les plus démunis, autrement dit l’électorat du POP.

À La Chaux-de-Fonds, la gauche se porte mieux. Le POP continue sa progression dans l’échiquier politique communal. Il avait la plus belle liste pour le Conseil communal et il a gagné cette élection. Il est aujourd’hui le deuxième parti le mieux élu du législatif avec quelques voix de plus que le PLR.

Les Verts, qui avaient gagné les élections en 2020, ont peut-être pris une petite baffe avec leur quatrième place. Mais beaucoup parlent d’un retour à la normale pour le parti écologiste qui surfait sur la vague il y a quatre ans. Les Verts permettent aujourd’hui le retour d’une femme à l’exécutif chaux-de-fonnier avec l’élection d’Ilinka Guyot. Eux qui présentaient la liste de candidats la plus fournie pour le Conseil général gardent un certain élan.

Et puis à La Chaux-de-Fonds, il y a surtout – et il y a toujours eu – le Parti socialiste. L’échec d’il y a quatre ans apparaît aujourd’hui comme un vote sanction de l’électorat de gauche. Aujourd’hui le PS retrouve son statut de parti numéro un, avec un conseiller communal et dix conseillers généraux, deux de plus que le POP et le PLR.

La raison du succès des socialistes chaux-de-fonniers est double. À l’interne, on souligne un renouveau de la section, avec un bon tiers de nouvelles têtes parmi les candidats au Conseil général. Mais c’est tout le Parti socialiste suisse qui a su rebondir en se rapprochant des préoccupations des gens. Un parti, qui, comme l’a souligné l’une de ses figures, le Jurassien Jean-Claude Rennwald, doit éviter de devenir sociétal pour rester social.

La recette semble fonctionner à La Chaux-de-Fonds et dans l’ensemble du canton de Neuchâtel.


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