Ciao Italia ! L’histoire compliquée d’une intégration réussie

Le Comité italien pour la promotion de l’enseignement se penche sur l’histoire des immigrés ...
Ciao Italia ! L’histoire compliquée d’une intégration réussie

Le Comité italien pour la promotion de l’enseignement se penche sur l’histoire des immigrés transalpins de la seconde moitié du 19e siècle jusque dans les années 1960. Une exposition à découvrir au Péristyle de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel, dans le cadre de la Semaine neuchâteloise d’actions contre le racisme

L'histoire de l'immigration italienne au cœur de la Semaine neuchâteloise d'actions contre le racisme. (Photo : libre de droits) L'histoire de l'immigration italienne au cœur de la Semaine neuchâteloise d'actions contre le racisme. (Photo : libre de droits)

Ils s’appellent Rossi, Bianchi, Ricci, Giordano ou Mancini. Des noms italiens bien établis en Suisse, témoins des différentes vagues de migrations venues de l’autre côté des Alpes. Si les porteurs de ces patronymes sont aujourd’hui, pour la plupart, très bien intégrés sous nos latitudes, tout n’a pas été simple. C’est ce que rappelle l’exposition « Ciao Italia ! », à découvrir jusqu’au 28 mars au Péristyle de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel. Un événement qui s’inscrit dans le cadre de la 29e Semaine neuchâteloise d’actions contre le racisme.

Cette exposition créée par le Musée de la Porte Dorée à Paris est complétée par une présentation de l’histoire de l’immigration en Suisse, réalisée par l’historien Marc Perrenoud, auteur du livre « Migrations, relations internationales et Seconde Guerre mondiale », paru aux Editions Alphil.

Sous nos latitudes, l’immigration italienne a débuté dans la seconde moitié du 19e siècle et s’est poursuivie jusque dans les années 60, avec plus ou moins d’intensité, selon les besoins de l’économie. Si aujourd’hui tout se passe bien pour ces populations, il n’en a pas toujours été ainsi. Les migrants italiens ont dû faire face à la xénophobie, à la méfiance, aux préjugés, à la dévalorisation. Plusieurs exemples sont présentés dans l’exposition : contrôles sanitaires à la frontière, logements difficiles à trouver, impossibilité du regroupement familial, etc.

Marc Perrenoud, historien : « Dans la presse des années 1950-1960, on trouve des annonces pour louer des chambres. Il y a une description de l’objet à louer, et y est ajouté : Italiens exclus »

La discrimination se développe tant au niveau des populations locales que des institutions politiques. « À partir de la 1re Guerre mondiale, la lutte contre ce qu’on appelait la surpopulation étrangère devient un objectif de la politique officielle », rappelle Marc Perrenoud.

« C’est seulement après 1948, à cause de l’expansion économique que l’augmentation de l’immigration italienne est de nouveau sensible » 

Le processus a été long et difficile, mais aujourd’hui, ces noms italiens font partie du paysage au même titre que les Perret, Favre et autre Ducommun. Certains ont même réussi à se faire un nom sous nos latitudes, à l’image d’un Massimo Lorenzi ou d’un Michel Parmigiani.

« Si les Italiens sont actuellement bien intégrés dans la société suisse, ce fut un long processus »

Cette intégration réussie est à mettre, notamment, sur le temps qui passe et les interactions entre les migrants et la société qui accueille.

« Les réactions de rejet n’aboutissent qu’à des impasses alors que l’intégration permet de moderniser et d’améliorer la Suisse »

Cet exemple d’intégration finalement réussie et le chemin emprunté pour y arriver gardent tout son sens aujourd’hui, alors que d’autres populations migrantes se pressent aux portes de l’Europe. « L’immigration peut être une chance aussi pour le pays d’accueil », rappelle Marc Perrenoud.

Cette exposition est proposée par le Comité italien pour la promotion de l’enseignement. Le CIPE qui propose un outil didactique à l’intention de l’école obligatoire pour organiser des cours en classes sur la thématique de la migration. « L’histoire du succès de l’immigration italienne dans le canton de Neuchâtel doit être la base de réflexions pour comprendre le phénomène migratoire qui se passe aujourd’hui », explique Mariachiara Vannetti, présidente du CIPE.

Mariachiara Vannetti, présidente du CIPE

L’exposition « Ciao Italia ! » est vernie ce samedi à 15h30 au Péristyle de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel, en présence du conseiller communal Thomas Facchinetti, de l’historien Marc Perrenoud et de l’auteure Nicoletta Bortolotti. Elle est à voir jusqu’au 28 mars. /cwi


 

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