Moins de zones 30 ? Neuchâtel ne tremble pas

La Berne fédérale veut limiter le développement des zones 30 km/h. Une décision qui agace le ...
Moins de zones 30 ? Neuchâtel ne tremble pas

La Berne fédérale veut limiter le développement des zones 30 km/h. Une décision qui agace le conseiller communal neuchâtelois en charge de la mobilité, mais qui ne l’inquiète pas

A Neuchâtel, les zones 30 km/h bénéficient d'un large soutien. (Photo : archives) A Neuchâtel, les zones 30 km/h bénéficient d'un large soutien. (Photo : archives)

La Ville de Neuchâtel a peut-être du souci à se faire. Alors qu’elle souhaite limiter le trafic motorisé individuel notamment en faisant passer plusieurs rues en zone à 30 km/h, les chambres fédérales veulent mieux encadrer cette pratique. Après le National, le Conseil des Etats a adopté dernièrement une motion qui vise à préciser la désignation des routes et leur importance à l’intérieur des localités. Pour l’auteur du texte, le PLR Peter Schilliger, le 30 km/h se développe de manière chaotique, y compris sur les routes principales. Sur ces tronçons, la vitesse devrait être partout limitée à 50 km/h, estime le député lucernois. Le conseiller communal responsable du service de la mobilité, des infrastructures et de l’énergie en ville de Neuchâtel oscille entre surprise et satisfaction.

Surprise parce que Mauro Moruzzi peine à comprendre « ce type d’ingérence dans l’autonomie des communes, qui a suscité un tollé auprès de l’Union des Villes suisses ». Parce que c’est bien au plus petit acteur du fédéralisme « de décider comment organiser son trafic », en tenant compte évidemment des contraintes légales.

La satisfaction exprimée par le conseiller communal se réfère au soutien qu’a reçu la stratégie de mobilité de la Ville. Présentée au Conseil général l’automne dernier, la prise en compte du rapport d’information a permis de classer une série de motions, dont une qui demandait d’étendre la zone 30 km/h à toute route communale et une autre qui visait à réduire le trafic motorisé de 5% par an.


Dialogue

Les associations de quartiers adhèrent également à la vision des autorités communales, assure Mauro Moruzzi. La Ville a également pris langue avec différentes organisations de mobilité et il n’y a eu aucun point de désaccord, se réjouit l’élu.

Il explique qu’avant de mettre une rue en zone 30 km/h, ce qui pourrait potentiellement avoir des incidences sur les routes collectrices, la Ville prend contact avec le canton. Ça a par exemple été le cas pour la rue des Parcs, un axe phare de la mobilité cyclable selon le plan directeur cantonal en la matière.

Enfin, en cas de nouvel aménagement qui pourrait influer sur la cadence des transports publics, Neuchâtel s’approche de TransN pour trouver des moyens de récupérer le temps éventuellement perdu sur les rues limitées à 30 km/h.

Le maître mot en ville de Neuchâtel, c’est le dialogue. Et même s’il y a parfois des visions différentes, il n’y a jamais eu de clash. « En général, on trouve des solutions ensemble », assure Mauro Moruzzi.

Concernant la motion acceptée par les Chambres fédérales, le chef de la mobilité se dit très moyennement inquiet. « Je doute que ça révolutionne fondamentalement les pratiques qu’on a dans le canton », explique-t-il. Et d’ajouter que sur certaines rues, aux heures de pointe, on n’arrive de toute façon pas à avancer à 30 km/h. /cwi


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