Le train des Horlogers reste à quai

Depuis le 4 mars et jusqu’au 31 octobre, les convois ferroviaires entre Morteau et Le Locle ...
Le train des Horlogers reste à quai

Depuis le 4 mars et jusqu’au 31 octobre, les convois ferroviaires entre Morteau et Le Locle sont à l’arrêt. La SNCF modernise la ligne. Les voyageurs et travailleurs frontaliers sont renvoyés vers des cars

La ligne des Horlogers est à l'arrêt pour huit mois. (Photo : CFF) La ligne des Horlogers est à l'arrêt pour huit mois. (Photo : CFF)

Les 300 travailleurs frontaliers qui se rendent quotidiennement au Locle et à La Chaux-de-Fonds en train, grâce à la ligne des Horlogers, sont de retour sur la route. Soit en voiture, soit dans des autocars de remplacement mis à disposition par la SNCF. La Société nationale des chemins de fer français a entamé le 4 mars dernier la deuxième phase des travaux de modernisation de la ligne qui relie Besançon au Locle. Il s’agit de renouveler 22 km de voie, d’entretenir et de mettre aux normes une série d’ouvrages (tunnels, viaducs, ponts) le long du tracé. 

En temps normal, 31TER circulent quotidiennement sur la ligne des Horlogers, dont une moitié jusqu’en Suisse. Ils transportent au total 2'000 voyageurs par jour parmi lesquels 300  travailleurs frontaliers. Deux séances d’informations ont eu lieu en début d’année à Valdahon et à Morteau pour présenter le dispositif mis en place pour les usagers durant les huit mois de travaux. L’arrangement pourra être réajusté en fonction des retours. 

Avec cet arrêt temporaire des trains, les instances françaises ne sont pas en terrain inconnu. Entre 2019 et 2021, la ligne avait déjà été suspendue pour la première phase des travaux. Au total, c’est presque 100 millions d’euros qui ont été investis, se réjouit Pierre Vaufrey, l’adjoint au maire de Morteau et vice-président de l’agglomération urbaine du Doubs, l’AUD qui regroupe dix communes de part et d’autre de la frontière franco-suisse.

Pierre Vaufrey, vice-président de l’agglomération urbaine du Doubs : « ça sera à nous de la vendre au mieux de manière à ce qu’un maximum de personnes prennent cette ligne »

Reste qu’à la fin des travaux, dans huit mois, il faudra motiver les gens à réinvestir le train. Et ça, c’est un souci pour les autorités chaux-de-fonnières et locloises qui craignent « une forme de désaffection du public » et une augmentation de trafic routier. Lorsque le chantier sera terminé, la SNCF, la Région Bourgogne-Franche-Comté et L’AUD notamment vont lancer une campagne de communication importante pour inciter les gens à remonter dans les rames, assure Pierre Vaufrey. 

« Il y aura des campagnes de communication importantes »

Du côté des entreprises des Montagnes neuchâteloises qui emploient des travailleurs frontaliers, les réactions sont diverses. Chez Dixi Polytool au Locle, on se dit peu concerné. Les collaborateurs font beaucoup de covoiturage. Seules trois personnes sont touchées par l’arrêt de la ligne des Horlogers, explique la responsable marketing qui ajoute que le parking de la société est gratuit et qu’il y a de la place. 

Un peu plus à l’est, chez Sellita, à deux pas de la gare du Crêt-du-Locle, le patron n’avait pas encore été sollicité par les employés concernés, quelques jours avant l’arrêt des trains. Les places de parc de l’entreprise sont occupées à 95%, voire 98%, explique-t-il. Difficile d’y garer plus de véhicules qu’actuellement. Mais là encore, beaucoup de collaborateurs font du covoiturage. Toujours plus à l’Est, à La Chaux-de-Fonds, les grandes entreprises sont moins enclines à répondre à nos sollicitations. L’une d’entre elles nous a répondu par mail : « Nous ne souhaitons pas nous exposer publiquement pour ce sujet ». 

Quant à l’association Arcjurassien.ch, qui a mis en place en 2011 un projet de covoiturage entre la France et la Suisse le long de l’Arc jurassien, elle mettra un accent particulier sur la région concernée par la ligne des Horlogers lors de sa campagne 2024. « Ça sera l’occasion de renforcer la pratique du covoiturage sur cet axe qui, avec ou sans train, est surchargé », constate la secrétaire générale, Mireille Gasser. Elle remarque toutefois qu’à ce stade, Arcjurassien.ch n’a pas été sollicité par les collectivités publiques ou les entreprises concernées. A sa réouverture, le 31  octobre, la ligne des Horlogers offrira un meilleur confort aux utilisateurs. Pierre Vaufrey y voit aussi l’occasion d’améliorer les rotations pour inciter un maximum de travailleurs frontaliers à emprunter le train. 

« On a un retour le soir qui est trop tard et on n’arrive pas à capter les travailleurs du secteur tertiaire »

A La Chaux-de-Fonds, par exemple on se réjouit de voir les TER de la ligne des Horlogers s’arrêter dès 2025 à la nouvelle gare des Forges. /cwi


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