Abbaye de Saint-Maurice : avant tout un travail d’historien

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Abbaye de Saint-Maurice : avant tout un travail d’historien

Pierre Aubert, le procureur général du canton de Neuchâtel, a été chargé de constituer un groupe de travail. Il s’agit avant tout de dépouiller les archives de l’institution, la plupart des cas étant couverts par la prescription

Pierre Aubert, procureur général, du canton de Neuchâtel. Pierre Aubert, procureur général, du canton de Neuchâtel.

Une nouvelle mission pour Pierre Aubert. Le procureur général du canton de Neuchâtel a été chargé par l’Abbaye de Saint-Maurice, en Valais, d’enquêter sur les cas d’abus sexuels commis dans l’institution. Il s’agira avant tout d’un travail d’historien, avant d’être un travail de juriste. Pierre Aubert explique qu’il « faudra dépouiller des archives sur quelques décennies. On doit encore déterminer le point de départ, mais ce sera probablement les années soixante à septante. » 

Ce travail sera réalisé par deux chercheuses de l’Université de Fribourg. Le rôle de Pierre Aubert sera de donner l’impulsion à ce groupe de travail, de collaborer aux recherches et de procéder à un certain nombre d’auditions de victimes ou de chanoines passés ou actuels. « Le but est d’avoir une approche historique, de remettre les faits dans un contexte qui a évolué au cours des années. Les sensibilités ont changé et le rôle de l’église a évolué. » Le travail de juriste de Pierre Aubert sera de déterminer les comportements qui pourraient constituer un abus au sens légal, de ceux qui seraient des comportements inadéquats. « Et si les faits ne sont pas encore prescrits ni jugés, de faire en sorte qu’ils puissent être dénoncés dans des conditions qui ne ruinent pas l’enquête. » Il précise que si l’on ne s’accordait que sur des critères juridiques, plusieurs décennies, couverts pas la prescription, auraient échappé aux investigations. Et les chanoines tenaient à ce que ces années soient aussi prises en compte.

« Un des buts, c'est de ramener le phénomène à ses justes proportions », rappelle Pierre Aubert

Ce qui a marqué Pierre Aubert dans ses contacts avec l’Abbaye, c’est la volonté de l’institution d’avoir une idée nette de ce qui s’est passé et de ramener les faits à de justes proportions. « On a parfois un peu le sentiment dans la population que les églises sont truffées de pédophiles. On pourrait même faire des amalgames entre ecclésiastiques et abuseurs, ce qu’on ne ferait jamais pour aucune autre catégorie sociale ou ethnique de la population. Il n’y a pas de raison qu’on le fasse pour les ecclésiastiques. Il faut ramener le phénomène à ses justes proportions. » 

Pierre Aubert espère boucler l’enquête d’ici la fin de l’année, mais cela dépendra de ce que le groupe de travail trouvera. Néanmoins, avec toutes les révélations qu’il y a déjà eu, il ne s’attend pas à des divulgations fracassantes. « Mais c’est un travail de mise au propre qui se justifie. » Cette enquête fera aussi l'objet d'une publication de l'Univerité de Fribourg. /sma


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