Selon des chiffres révélés début février, le Léman se réchauffe : il a atteint une température moyenne de 13,6 degrés en 2022, un record. Ce réchauffement empêche le brassage et la bonne oxygénation de l’eau. Une situation dont le lac de Neuchâtel est encore épargné
Nos lacs sont-ils aussi menacés que le Léman ? La CIPEL, l'organe chargé de protéger les eaux du Léman, a révélé la semaine dernière que la température du lac avait atteint 13,6 degrés de moyenne sur l’année 2022. Un record. Ce réchauffement empêche le brassage de l'eau et l'apport d'oxygène en profondeur. Une situation qui pour le moment épargne le lac de Neuchâtel malgré un réchauffement de la température moyenne des eaux profondes du lac de 1,2 degré entre 1958 et nos jours. « Nous avons un brassage complet des eaux par année », précise Isabelle Butty, hydrogéologue à la tête de la Section Eau et Sol du canton de Neuchâtel.
Isabelle Butty : « La norme fédérale demande qu’on ait quatre milligrammes d’oxygène par litre d’eau. Le lac en compte rarement moins de huit »
L’oxygène est produit par les algues, c’est-à-dire le phytoplancton, à la surface du lac. Pour le lac de Neuchâtel, il s'agit des 60 premiers mètres de profondeur. L’hiver venu, les algues meurent et se déposent au fond du lac. Le phénomène de brassage permet à l’eau très oxygénée de la surface d’atteindre les profondeurs et de nourrir les organismes qui y vivent, notamment ceux qui consomment et débarrassent le lac du phytoplancton mort qui s’est déposé au fond du lac.
Le manque d’oxygène n’est cependant pas le seul risque face à un réchauffement des eaux. Ne serait-ce pas une aubaine pour les cyanobactéries ? Pour Isabelle Butty, « c’est difficile de mettre cela en parallèle » : la température n’est pas le seul facteur qui impacte la prolifération des cyanobactéries.
Isabelle Butty : « Ce n’est pas leur prolifération qui pose problème, mais le fait qu’en proliférant elles peuvent produire des toxines »
La température et le taux d'oxygénation du lac de Neuchâtel sont contrôlés à raison d’une fois par mois, de manière conjointe avec les lacs de Bienne et de Morat. /agy









