Les coulisses d’un procès inédit

C’est une audience inédite qui s’est tenue mercredi et jeudi à La Chaux-de-Fonds. Le tribunal ...
Les coulisses d’un procès inédit

C’est une audience inédite qui s’est tenue mercredi et jeudi à La Chaux-de-Fonds. Le tribunal criminel s’est penché une affaire de trafic de drogue peu banal. Notre journaliste Sarah Massy a suivi ce procès et est venu nous l’expliquer vendredi dans La Matinale

Journaliste à RTN, Sarah Massy revient sur un procès inédit qui s'est déroulé mercredi et jeudi à La Chaux-de-Fonds. Journaliste à RTN, Sarah Massy revient sur un procès inédit qui s'est déroulé mercredi et jeudi à La Chaux-de-Fonds.

C’est un procès peu courant qui s’est tenu mercredi et jeudi à La Chaux-de-Fonds. Le Tribunal criminel s’est penché sur un trafic de drogue d’envergure internationale entre la Suisse et l’Albanie. Trois membres d’une même famille étaient sur le banc des accusés. Ils ont été condamnés à des peines de 9 ans pour le père, 6 ans pour la mère et 3 ans dont la moitié avec sursis pour le fils.


Retour sur ce procès inédit avec notre journaliste Sarah Massy dans La Matinale :

Un cas à part

Des procès pour trafic de stupéfiants c’est presque monnaie courante, mais les prévenus sont des revendeurs. Ici, on est à l’échelon supérieur. On a à faire aux personnes chargées de récolter l’argent de la vente de la drogue pour l’acheminer ensuite vers l’Albanie, en fait les caissiers. « On n’a pas saisi de drogue, on a saisi de l’argent et des livres de comptes », explique la procureure Vanessa Guizzetti. Les prévenus recevaient les ordres directement d’Albanie. On leur disait où et quand ils devaient récupérer l’argent. « Ils allaient récupérer auprès des vendeurs l’argent récolté auprès des consommateurs avant de le faire transiter en direction de l’Albanie. L’argent était véhiculé par voitures sous forme de liasses », détaille la procureure.


Une défense peu convaincante

Pour leur défense, les prévenus ont expliqué qu’ils n’étaient pas au courant qu’ils trempaient dans un trafic de drogue, mais croyaient faire un commerce de voiture entre la Suisse et l’Albanie. Mais cette défense n’a pas convaincu les juges. Pour eux, si les liasses de billets cachés dans des voitures provenaient vraiment d’une vente légale de véhicules, pourquoi aurait-il fallu le dissimuler ? Les rencontres avec les revendeurs aussi, très furtives, le temps de prendre l’argent par la fenêtre de la voiture et repartir sont également des éléments à charges. De plus, il y a aussi cette comptabilité tenue par la mère, avec des sommes en rapport avec des noms connus dans le milieu des stupéfiants. Alors le père reconnait que vers la fin 2021 début 2022 il a eu des doutes. La mère et le fils continuent d’affirmer qu’ils n’étaient au courant de rien. « Ma cliente a aidé son mari, dont elle a été séparée durant de nombreuses années. Il lui a demandé de récupérer l’argent, elle l’a fait, mais en pensant que c’était en lien avec le commerce de son mari », détaille Delio Musitelli, avocat de la mère.

Le Tribunal a aussi estimé que le fils était au moins, au courant par dol éventuel. Ça veut dire qu’il s’en doutait, mais s’en est accommodé. Les parties ont dix jours pour faire appel. Les avocats de deux des trois prévenus vont certainement le faire. /dpi


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