L'insecte, un ravageur néfaste pour l'agriculture, a hérité de deux gènes d'origine bactérienne. C’est ce qu'a révélé une étude chinoise co-supervisée par l’Université de Neuchâtel (UniNE), publiée vendredi dans la revue Science Advances
Deux gènes de bactérie, acquis voici plusieurs dizaines de millions d’années, permettent à la mouche blanche d’optimiser le contrôle de son cycle d’azote. C’est le principal résultat d’une étude chinoise co-supervisée par l’Université de Neuchâtel (UniNE), publiée vendredi dans la revue Science Advances.
Ce travail illustre le rôle fondamental de l’évolution dans le transfert naturel de gènes d’une bactérie vers un organisme plus évolué, a indiqué l'UniNE dans un communiqué. La mouche blanche Bemisia tabaci est un ravageur extrêmement néfaste pour l'agriculture dans le monde entier, transmettant des virus et provoquant des maladies fongiques.
Cette nouvelle étude met en évidence le rôle de deux gènes d'origine bactérienne aidant l'insecte à capter et recycler l'azote, un élément nutritif essentiel à son développement et à sa reproduction. D'autres insectes dépendent généralement de bactéries présentes dans leur corps pour les aider à recycler l'azote. La mouche blanche, elle, s'est affranchie de cette dépendance pour assurer toute seule ce rôle.
"Le transfert de gènes d'une bactérie à un insecte n'est pas exceptionnel, mais dans ce cas, il s'agit de deux gènes qui fonctionnent ensemble", souligne Ted Turlings, directeur du Laboratoire pour la recherche fondamentale et appliquée en écologie chimique de l'UniNE, cité dans le communiqué.
Cette double acquisition explique pourquoi la mouche blanche est capable de survivre sur un si grand nombre d'espèces végétales différentes, ajoute le chercheur.
Ces travaux s'inscrivent dans la suite d'une étude publiée en 2021 qui démontrait pour la première fois l'existence d'un transfert de gène fonctionnel d'une plante vers un insecte, la mouche blanche également. Ce gène sert à la protéger contre une toxine d'origine végétale. /ATS









