Choc et sidération à Arcinfo

Les employés du quotidien neuchâtelois ne craignent pas que pour leur emploi, mais aussi pour ...
Choc et sidération à Arcinfo

Les employés du quotidien neuchâtelois ne craignent pas que pour leur emploi, mais aussi pour la qualité de leur média et les sujets qui ne pourront plus être couverts en cas de licenciements de journalistes

Les employés d'Arcinfo ont vivement réagi à la volonté du groupe ESH Médias de supprimer des postes de travail. Les employés d'Arcinfo ont vivement réagi à la volonté du groupe ESH Médias de supprimer des postes de travail.

La pilule est difficile à avaler pour les employés d’Arcinfo. Mardi, l’éditeur ESH Médias a annoncé un plan d’économie de quatre millions de francs par année. Une réorganisation qui doit entraîner la suppression de 40 postes de travail d’ici mars, dont une dizaine dans les rédactions d’Arcinfo, du Nouvelliste et de La Côte. 

Journaliste à Arcinfo et membre de la société des rédacteurs, Thierry Brandt explique « que le nombre de postes menacés au sein du quotidien neuchâtelois est encore flou ». Mais « d’après nos calculs, il se situerait entre 12 et 15 à l’échelle d’Arcinfo, qui emploie 70 personnes, et entre 3 et 4 au sein de la rédaction qui compte grosso modo 28 EPT ». Et de mettre en garde que s’il devait y avoir des licenciements, ils ne seraient pas sans conséquence pour les lecteurs et abonnés. « Un journal doit être fait par des pros qui sont bien formés, correctement payés et en nombre suffisants pour traiter l’info de tous les jours. Et donc elle va en pâtir. Il y a des sujets que l’on ne pourra plus traiter », souligne-t-il.

Thierry Brandt, journaliste à Arcinfo et membre de la société des rédacteurs du journal

Thierry Brandt rappelle le contexte global. La situation de la presse en Suisse romande est compliquée et difficile. Les deux piliers financiers que sont les abonnements et les revenus publicitaires diminuent année après année. Avant de préciser qu’au sein d’Arcinfo, « tous les services liés à la rédaction font des efforts depuis des années. Beaucoup de départs ne sont pas compensés, il n’y a quasiment pas d’engagements. Ça fait un petit moment que nous sommes en cure d’amaigrissement permanente ».

Les discussions n’ont pas encore commencé. « On va réfléchir à des propositions, s’inspirer de plans sociaux décidés dans d’autres titres ces dernières années. On va tout faire pour éviter des licenciements », assure Thierry Brandt. Quant au climat au sein de l’entreprise, « il n’est pas très bon après une telle annonce. Mais à la rédaction, on discute beaucoup, il y a des mouvements d’humeur, des larmes ont coulé après l’annonce, mais, compte tenu du contexte, l’ambiance entre les journalistes est plutôt bonne. Tout le monde tire à la même corde ».


Nous avons invité la direction d’Arcinfo à livrer son point de vue quant à ce projet de réorganisation, invitation qui n’a pas été honorée pour le moment. /jpp


 

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