L’agriculteur de Corcelles et membre du comité de l’USP est venu analyser dans La Matinale RTN la situation en France. S’il comprend les revendications de nos voisins, il souligne que le fonctionnement politique des deux pays est incomparable
Les agriculteurs français entament mardi leur deuxième jour de blocage d'axes stratégiques autour de Paris. Ils sont déterminés à montrer qu'ils peuvent tenir plusieurs jours si les « nouvelles mesures » dévoilées dans la journée par le gouvernement déçoivent encore. Un convoi de quelque 200 tracteurs a repris la route mardi matin, en direction du marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, le plus grand du monde, qu'il compte investir dans l'après-midi, à l'appel de la Coordination rurale (CR), a constaté un photographe de l'AFP. Damien Humbert-Droz, paysan à Corcelles, député libéral-radical au Grand Conseil neuchâtelois et membre du Comité de l’Union suisse des paysans (USP), a expliqué mardi, dans La Matinale RTN, que la situation en France était compliquée. « Parce qu’il y a aussi un symbole assez fort d’une puissance exportatrice agricole mondiale sur le déclin. » Cette tradition est en perte de vitesse et « ça marque l’agriculture, ça marque les campagnes. » Un mécontentement qui dure depuis plusieurs années déjà, rappelle-t-il.
Les paysans suisses solidaires
Les paysans suisses partagent les revendications de leurs collègues français et allemands. Ils ont lancé lundi une pétition qui demande une hausse de 5 à 10% des prix aux producteurs. Pour Damien Humbert-Droz, il n’est pas exclu que le mouvement de grogne français ait des répercussions en Suisse : « Tout est envisageable ». Des actions ont été menées dans plusieurs cantons romands, dont Neuchâtel, avec des retournements de panneaux devant des localités, pour faire écho au slogan des agriculteurs français : « on marche sur la tête ! ». Mais le paysan de Corcelles ajoute que « ce n’est pas la volonté des associations agricoles aujourd’hui. On peut montrer une grogne, montrer un mécontentement face à une situation qui est délicate, une évolution des coûts de production, les prix agricoles qui ne suivent pas, le tout dans un contexte inflationniste pour les ménages. Je crois que c’est un équilibre fragile que nous vivons en Suisse. » Les organisations agricoles en sont conscientes.Selon Damien Humbert-Droz, il faut faire comprendre que les revendications sont justifiées, mais que les équilibres doivent être maintenus. Il relève également « qu’on vit différemment le rythme agricole en Suisse. On a un parlement, on a un fonctionnement démocratique assez différent de ce qui se passe dans le régime centraliste français. » /ats-sma










