L’initiative communale lancée en novembre par des commerçants chaux-de-fonniers pourrait compromettre le projet. Ceux-ci veulent mieux expliquer leur démarche, mais n’osent pas s’afficher
A La Chaux-de-Fonds, le référendum contre la politique de stationnement – qui sera soumis au vote le 9 juin prochain – a fait un carton. Mais ce n’est pas le cas d’un autre texte, lancé presque en même temps : l’initiative communale de plusieurs commerçants, qui demande que tout projet à réaliser après le 15 novembre 2023, qu’il s’agisse de supprimer des places de parc, de créer une zone piétonne ou de modifier la politique de stationnement, soit soumis au vote populaire.
Les initiants ont jusqu’au 24 mai pour récolter environ 2'800 signatures. Ils déclarent être à environ 15% du but et ont sollicité notre rédaction près de trois mois après le lancement du texte. Ils affirment que leur objectif n’est pas seulement d’atteindre le quorum de 10% du corps électoral, mais de le dépasser largement, pour envoyer un message fort aux autorités communales.
Logique démocratique à inverser?
Et pour y arriver, les commerçants se rendent compte qu’ils doivent mieux expliquer leur démarche. Ce que fait le rédacteur du texte, l’avocat Frédéric Hainard : « Puisque chaque fois que le politique prend une décision en matière de circulation et que le peuple s’y oppose, ce n’est plus au peuple de dire ‘on est contre’, c’est au Conseil général de dire ‘on veut quelque chose, est-ce que vous êtes d’accord ?’. C’est simplement rendre automatique la consultation du peuple pour tout ce qui concerne les zones piétonnes, les suppressions de places de parc et la politique de stationnement. »
Frédéric Hainard veut « rendre la consultation du peuple automatique »
Le comité d’initiative prétend représenter une quarantaine de commerçants. Mais seuls deux d’entre eux sont venus à notre rencontre. Aucun n’a voulu s’afficher et parler à notre micro. Car le sujet polarise et c’est mauvais pour les affaires. Certains internautes ont même appelé, en déployant une certaine énergie, au boycott de ces commerces qui défendent notamment les 58 places de parc sur le point d’être supprimées par la piétonnisation de la Place du Marché.
Construire pour mieux détruire ?
Ce chantier doit commencer ce printemps et se terminer avant l’hiver prochain. Imaginons que l’initiative passe tous les obstacles et entre en force. Dans ce cas, on ne peut pas totalement exclure un scénario rocambolesque : une population qui pourrait remettre en question l’an prochain la piétonnisation de la place du Marché; un lieu, à ce moment-là, tout neuf, pavé, qui aurait coûté 5 millions de francs, mais qu'il faudrait peut-être déconstruire…
Doutes juridiques sur le texte
On n’en est pas encore là... Nous avons sollicité l’avis d’un juriste qui n’est pas partie dans cette affaire. Même s’il n’a pas procédé à un examen détaillé, il y a un doute sur la légalité de ce texte, qui pourrait donc être invalidé. Un aspect que la Ville est en train d’examiner avec une minutie particulière.
A ce stade, les autorités ne souhaitent pas réagir. Elles ne communiquent pas non plus sur le calendrier des travaux de la Place du Marché. Des séances d’information aux commerçants sur ce chantier sont prévues en février et mars. /vco









