Le Canton a rendu sa copie en retard, mais elle est encourageante : la part inexpliquée de différence de traitement entre femmes et hommes est en dessous de ce qui est admis par la Confédération
L’égalité salariale est effective dans l’administration neuchâteloise. C’est ce qui ressort de l’analyse menée par le Canton avec Logib, l’outil mis à disposition par la Confédération. Il a permis de passer au crible le traitement de 4'000 employés de l’État. Résultat, il existe une différence inexpliquée de salaire entre hommes et femmes de 1,1% en ce qui concerne le personnel administratif et technique. Le taux se monte à 0,4% pour le personnel enseignant du secondaire II. Des résultats bien en dessous du seuil de tolérance de 5% défini par la Confédération.
Chef du département de l’économie, Alain Ribaux explique que la nouvelle politique salariale mise en place en 2017 y est pour quelque chose. Elle prend davantage en compte l’âge des gens au moment de leur engagement.
Alain Ribaux : « Avec cette valorisation de l’âge, on tient compte d’autres expériences que celle professionnelle »
Le Canton compte sur les effets combinés de la rotation du personnel et de sa politique salariale pour encore atténuer les différences.
Le co-chef de l’Office de la politique familiale et de l’égalité Thomas Perret juge les résultats de cette analyse plutôt satisfaisants, mais il estime que le Canton doit aller plus loin. Il fait référence à deux motions du parlement dont une demande d’analyser si dans le canton de Neuchâtel les professions dites typiquement féminines sont moins valorisées en matière de salaires que les professions plutôt masculines.
Thomas Perret : « C’est une motion à laquelle notre Office doit apporter des réponses »
Alain Ribaux reconnait qu’il y a encore du travail à faire de ce côté-là : est-ce que les infirmières, métier traditionnellement féminin, sont traitées de la même façon que les gendarmes, profession plutôt masculine ?
Alain Ribaux : « Quand on parle d’égalité, c’est à charge égale, à fonction égale »
La loi fédérale sur l’égalité (LEg), qui a rendu obligatoire l’analyse périodique de l’égalité salariale pour les entités de plus de cent employés, demandait que les résultats soient publiés jusqu’au mois de juin 2023. À Neuchâtel, le résultat a été dévoilé en décembre dernier. Alain Ribaux justifie les six mois de retard notamment par le fait qu’il a fallu aller rechercher des informations que le Canton n’a pas dans ses dossiers et notamment l’ensemble des formations des personnes concernées.
Alain Ribaux : « Il a fallu aller rechercher ce que nous n’avons pas forcément dans tous les dossiers : l’ensemble des formations des gens »
Une nouvelle analyse de la situation est envisagée au début de la prochaine législature, assure l'Etat de Neuchâtel. /cwi









