Seulement 2,6% des déplacements se font à vélo dans le canton, selon une enquête de la Confédération. Ce qui place Neuchâtel en queue de peloton, loin derrière Bâle, où la population prend plus le vélo que la voiture
Ce sont les Bâlois qui effectuent le plus de déplacements à vélo. Les cantons romands sont à la traine. C’est ce qui ressort des chiffres de la Confédération. Neuchâtel est même dernier, où seulement 2,6% des trajets sont faits en cycle. La topographie du canton pourrait être une explication, mais selon Patrick Rérat, co-directeur de l'Observatoire universitaire du vélo et des mobilités actives et professeur à l’Université de Lausanne, ce n’est pas la raison principale. « C’est clair que d’un côté la topographie et l’altitude n’aident pas. Par contre cela ne suffit pas à expliquer la dernière position du canton de Neuchâtel. Si on regarde le classement des cantons suisses, des cantons comme les Grisons, mais aussi les cantons de Suisse centrale, comme Uri, Obwald, Nidwald, qui eux ont des parts modales qui sont proches des 10%. C’est-à-dire quatre fois plus qu’à Neuchâtel. »
Patrick Rérat, co-directeur de l'Observatoire universitaire du vélo et des mobilités actives :
Toutefois pour Laurent Favre, conseiller d’État neuchâtelois en charge de la mobilité, il faut mettre ces chiffres en perspective avec les autres moyens de transport : « Si on prend les autres types de mobilité, on constate que pour ce qui en est de la mobilité piétonne, Neuchâtel s’en sort très bien. Puisque selon OFS, nous sommes au 7e rang. Pour ce qui est des transports publics, on est au 8e rang au niveau suisse. Et puis bien sûr, ça a un impact direct sur la mobilité cyclable étant entendu qu’en termes de mobilité automobile le canton de Neuchâtel est plus ou moins à la moyenne suisse. J’aurais apprécié qu’on fasse une évaluation plus globale en constatant qu’effectivement en matière de mobilité cyclable, on doit pouvoir faire mieux. »
Laurent Favre, conseiller d'État en charge de la mobilité :
Plusieurs cantons alémaniques ont pris des mesures phares pour la mobilité à vélo, avec des résultats probants. La ville de Berne, avec son Offensive vélo lancée en 2014, a vu sa part de vélo passer de 11% en 2010, à 19% en 2021. Patrick Rérat donne quelques solutions pour que Neuchâtel comble son retard. « C’est identifier les axes forts. C’est-à-dire les axes avec un fort potentiel, qui vont relier des quartiers d’habitations, des gares, des pôles d’emploi. Donc là il y a qu'en même un certain nombre d’axes avec un gros potentiel. On peut aussi travailler sur le rabattement sur les gares pour favoriser la synergie entre le train et le vélo. Je pense qu’il y a aussi des questions de stationnement résidentiel en particulier dans les villes, dans les centres historiques. On voit que le bâti n'a pas vraiment de place pour le vélo, encore plus qu’en on parle de vélo à assistance électrique ou de vélo cargo. »
Patrick Rérat : « On voit que le bâti n'a pas vraiment de place pour le vélo. »
Le canton de Neuchâtel essaie de faire plus, comme l’explique Laurent Favre. « On a lancé en 2017 la stratégie mobilité douce et on la suit dans la réalisation de plusieurs infrastructures, qui année après année sont réalisées pour de nouvelles bandes et pistes cyclables dans le canton. C’est plus de 1,5 million qu’on investit chaque année. C’est le fruit d’une vraie volonté politique, d’un constat. Il y a 7-8 ans maintenant que le canton doit pouvoir faire mieux, avec les communes et les villes, en matière de mobilité cyclable. »
Laurent Favre : « C'est le fruit d'une vraie volonté politique. »
Depuis 2018, ce sont 24 kilomètres de pistes cyclables qui ont été réalisés. Dans les années à venir, 20 kilomètres sont prévus. Le Canton va également mettre en place en 2024 un plan de communication pour inciter les gens à plus se déplacer en vélo. /gpr









