Initier 120 élèves à un jeu vieux de 4'600 ans. Voilà le défi dans lequel s’est lancé un enseignant du collège de Longueville à Colombier au Cescole. En cette période qui précède les vacances de Noël, Antoine Staffelbach a mis sur pied un tournoi du jeu royal d’Ur dans le cadre de son cours de LCA (langues et cultures de l'Antiquité). Il s’agit de l’un des plus anciens jeux de plateau découvert à ce jour, à la suite de fouilles menées dans les années 1920 en Irak. L’exemplaire en question a été retrouvé « dans des tombes royales de la ville d’Ur, l’ancienne capitale de la Mésopotamie », explique Antoine Staffelbach. Si l’on peut aujourd’hui encore y jouer, c’est parce qu’une tablette contenant les règles et datant de 177 av. J.-C. a également été mise au jour. Son interprétation a toutefois donné lieu à plusieurs versions.
Antoine Staffelbach, enseignant au collège de Longueville :
Le jeu royal d’Ur consiste en une course de chars qui se joue au dé entre deux joueurs. Celui qui arrive le plus rapidement à sortir ses chars de la piste remporte la partie. « Si on arrive sur le char d’un autre, on l’éjecte » et il retourne à la case départ, explique Ella, âgée de 13 ans. Pour Chiara, l’aspect historique « rend le jeu plus intéressant ».
Antoine Staffelbach a lancé cinq classes dans ce tournoi. Ce lundi, les dés rebondissaient à l’infini sur les tables de la salle 313. Thomas et Deyan, tous deux âgés de 12 ans, se sont affrontés lors d’une partie. Thomas apprécie la part de suspense du jeu, qui repose en partie sur la chance en lien avec les jetés de dé. Pour Deyan, « c’est une très chouette activité ». Antoine Staffelbach ajoute de son côté que, malgré la part de chance, le joueur garde « un fort pouvoir décisionnel » et peut tester différentes stratégies.
Plongée au coeur du jeu royal d'Ur :
Les lauréats de ces premières phases de jeu seront ensuite qualifiés pour une finale qui se tiendra en janvier.
Ce jeu royal d’Ur était pratiqué par toutes les couches de la société durant plusieurs millénaires. Le plateau qui a été retrouvé en Irak est aujourd’hui exposé au British Museum de Londres. Il s’agit d’un exemplaire serti notamment de lapis-lazuli. /sbm-mma











