Près de 400 lettres pour une Nouvelle Revue neuchâteloise. Dans son dernier numéro, la NRN se penche sur le courrier de Paul Schnegg, un Loclois exilé en Colombie pour y faire le commerce d’animaux
Mon oncle d’Amérique du Sud. C’est ainsi qu’aurait pu s’intituler le dernier numéro de la Nouvelle Revue neuchâteloise. Finalement, il porte pour titre « Paul Schnegg (1916-1985) – Une passion singulière pour la faune colombienne ». C’est son neveu, Olivier Schnegg qui a pris la plume pour raconter l’histoire de ce parent qui a traversé l’Atlantique en 1946, d’abord pour New York, puis deux ans plus tard pour Barranquilla, en Colombie. Il y étudie la faune et monte un commerce d’animaux qui fournit notamment les zoos américains et européens en espèces exotiques.
Il restera en Amérique du Sud jusqu’au début des années 1970 avant de finalement rentrer en Suisse. Durant son exil, il entretient avec son frère Alfred une correspondance régulière. Ce sont près de 400 lettres qu’Olivier (le fils d’Alfred) relit, analyse et met en perspective dans la Nouvelle Revue neuchâteloise. Des courriers qui évoquent de sa vie quotidienne, de ses expéditions, de son pays d’accueil, de l’actualité mondiale.
Olivier Schnegg : « Ses lettres sont foisonnantes d’informations »
Durant ses années colombiennes, Paul Schnegg entretient également une correspondance avec le Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds. Des échanges épistolaires conservés par l’institution devenue aujourd’hui MUZOO. Albert Monard, le directeur d’alors et le Loclois exilé échangent sur la faune colombienne.
« Il envoyait des peaux ou des animaux naturalisés »
Dans les lettres adressées à son frère, Paul Schnegg confie également ses préoccupations quant à la surexploitation et à la destruction des milieux naturels. Il évoque aussi l’explosion démographique dans les villes d’Amérique du Sud, portant un regard critique sur le pouvoir de l’Eglise qui interdisait alors l’utilisation de la pilule contraceptive.
« Il y a des chapitres à l’écriture très acérée sur les propos du Pape Paul VI lors de sa visite en Amérique du Sud »
Paul Schnegg est rentré en Suisse au début des années 1970 et s’est établi à Marin. Il s’engage comme réceptionniste à l’Hôtel Touring. Il meurt en décembre 1985 à l’âge de 69 ans. /cwi









