Intrusion à Cortaillod : ce qui s’est passé en coulisses

L’affaire de l’irruption d’un individu suspect à proximité du Collège de Cortaillod fait l’objet ...
Intrusion à Cortaillod : ce qui s’est passé en coulisses

L’affaire de l’irruption d’un individu suspect à proximité du Collège de Cortaillod fait l’objet d’une instruction pénale. En attendant ses conclusions, le dossier permet de faire la lumière sur la procédure d’encadrement de ce genre d’individu

Le Centre fédéral pour requérants d'asile à Boudry, où l'individu s'est enregistré (photo : archives). Le Centre fédéral pour requérants d'asile à Boudry, où l'individu s'est enregistré (photo : archives).

L’intrusion d’un individu jugé menaçant dans la cour d’une école primaire à Cortaillod vendredi dernier a suscité quelques inquiétudes au sein de la population. Surtout, elle soulève des questions. Le suspect a été arrêté après son passage remarqué à proximité du collège. L’affaire est entre les mains du juge d’instruction et de la Police neuchâteloise. C’est au terme de leur travail que des réponses vont émerger, en tout cas du point de vue pénal.

Restent les interrogations au sujet de la procédure : comment ce requérant d’asile au profil atypique a-t-il pu franchir la frontière suisse et se retrouver dans le canton de Neuchâtel ? Juste après les faits, un communiqué de la Police neuchâteloise le décrivait comme un individu « connu sous plusieurs identités et de plusieurs services de police dans d’autres pays européens, principalement pour des faits de violences ». Contacté par courriel, le Secrétariat d’Etat aux migrations rappelle que « les contrôles aux frontières sont de la compétence de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières. » Qui plus est, « Un contrôle de sécurité est mené de manière standard pour toute personne qui s’enregistre dans un centre fédéral pour requérants d’asile », relève l’institution. Qui souligne qu’il s’agit notamment de vérifier si la personne fait l’objet d’un avis de recherche international. Le cas échéant, le dossier est alors transmis à la Police fédérale ou au Service des renseignements de la Confédération. Dans le cas en question, deux jours seulement se sont écoulés entre l’arrivée de cet individu en Suisse et l’épisode de Cortaillod.


Une évaluation médicale

Autre question qui a suscité des interrogations : la nuit précédant les faits, le personnel du Centre de requérants de Perreux avait jugé ce personnage si instable psychologiquement qu’il l’avait placé en observation à l’hôpital pour une nuit. Comment alors a-t-il retrouvé sa liberté ? Eh bien « les Centres fédéraux pour requérants d’asile ne sont pas des prisons » rappelle le Secrétariat d’Etat aux migrations. Qui ajoute : « nous n’avons pas la compétence légale pour enfermer les personnes qui y résident ».

Les cas médicaux problématiques sont identifiés dès l’enregistrement au sein de ces établissements. Mais dans le cas où une décision de traitement est prise, celle-ci relève alors uniquement de la compétence des professionnels de santé.

Enfin, quand on demande au Secrétariat d’Etat aux migrations comment il évalue cette série d’événements et la manière dont il s’en est occupé, sa porte-parole se montre diplomatique, notant que cette institution fédérale « est en contact permanent avec ses partenaires fédéraux et cantonaux et évalue avec ces derniers les mesures à prendre le cas échéant ». Avec une limite : le Secrétariat d’Etat « ne peut agir que dans le cadre des compétences qui lui sont conférées par la loi ». /jhi


 

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