Les pêcheurs pourront prélever moins de truites dès l’an prochain : le nombre de prises passe de six à quatre par jour et de cent à soixante maximum par année. L’objectif est de réduire la pression sur les salmonidés dans les rivières neuchâteloises
Les besaces des pêcheurs seront peut-être moins garnies dès le 1er mars 2024. Le nombre de truites que les détenteurs d’un permis peuvent prélever dans les rivières neuchâteloises va diminuer. Il s’agit d’une décision du Conseil d’Etat qui a publié un arrêté la semaine dernière. Le texte fixe les règles à respecter dans les cours d’eau neuchâtelois.
La limite journalière de captures de truites et d’ombres est réduite de six à quatre. Le quota annuel pour ces mêmes espèces est abaissé de cent à soixante. Sur le Doubs en revanche, les pêcheurs peuvent toujours prélever un maximum de trente poissons par année. Une décision prise au vu de la baisse de captures d'ombres et de truites ces dernières années.
Pour Robin Berger, collaborateur scientifique au Service de la faune, des forêts et de la nature, « cette baisse est une tendance au niveau suisse et malheureusement le canton de Neuchâtel ne fait pas exception. Une des mesures qu’on peut prendre, c’est de baisser la pression de pêche par une réduction des quotas de prises ». Même si « on n’avait pas non plus une majorité de pêcheurs qui arrivait à ces cent poissons par année », relativise Robin Berger.
Robin Berger, collaborateur scientifique au Service de la faune, des forêts et de la nature :
Car cette baisse des prises ne s’explique pas que par la pêche : le stress engendré par le réchauffement climatique est un facteur inquiétant : « on a vu ces dernières années que les étés étaient toujours plus chauds et toujours plus secs. Les régimes d’eau et de pluies sont aléatoires et déphasés ; les cours d’eau sont moins remplis et plus chauds », note Robin Berger.
Une autre solution serait de travailler sur la mesure minimale tolérée (la longueur) pour capturer le poisson. « Des réflexions sont en cours avec la Fédération des pêcheurs neuchâtelois pour adapter ces mesures ces prochaines années ».
Dans l’intervalle, le Canton pratique le repeuplement dans certains secteurs-clefs. « On capture des géniteurs en rivière, on presse les œufs, on les élève, et lorsque les alevins ont quelques jours, on les remet à l’eau. C’est un des moyens pour soutenir les populations de poissons » explique Robin Berger.
Il existe encore d’autres moyens d’action. « Cela passe par l’amélioration de la qualité d’eau, par le biais des rénovations des stations d’épuration ou encore par des améliorations physiques sur la rivière par des revitalisations de certains tronçons ».
Malgré toute cette palette de mesures en faveur des truites et des ombres de nos rivières, Robin Berger estime que « l’avenir ne sera pas très radieux pour nos salmonidés. Les sécheresses vont donner du fil à retordre aux poissons, mais on a quand même des secteurs où l’eau reste fraîche malgré tout, comme certains tronçons au Val-de-Ruz, dans l’Areuse ou le Doubs ».
Avec philosophie, Robin Berger relève que le Canton « met tout en œuvre pour essayer de favoriser la présence de poissons. Malheureusement, on n’a pas trouvé la recette pour faire de la pluie… pour l’instant ». /aju









