Le sort de la Commune de Laténa sera scellé le 26 novembre. Les citoyens de La Tène, de Saint-Blaise, d’Hauterive, et d’Enges sont appelés à se prononcer sur un projet de fusion pour leurs villages.
Si le oui l’emporte, la nouvelle entité verrait le jour le 1er janvier 2025 et compterait près de 11'600 habitants.
Deux tentatives de fusion ont déjà échoué dans l’Entre-deux-Lacs en 2015 et 2016. Le nouveau projet est de taille plus réduite avec quatre communes impliquées. Un comité s’est formé en faveur de la fusion, intitulé Laténa Oui. L’opposition se compose quant à elle de personnes isolées.
La fusion offrira un nouveau souffle aux autorités pour les partisans du projet
Les partisans de la fusion mettent en avant les possibles synergies et économies d’échelle, ainsi qu’une meilleure reconnaissance des villages auprès du Canton. Le projet a également l’avantage selon eux d’instaurer une professionnalisation du Conseil communal à une époque où les dossiers sont toujours plus complexes à gérer. Paola Attinger, conseillère générale à Saint-Blaise, estime que les exécutifs ont actuellement « le nez dans le guidon » pour assurer les tâches opérationnelles, mais peinent à dégager du temps « pour voir ce qui vient et pour anticiper ». À ses yeux, si les communes veulent développer des projets tels que MAE (Ma journée à l’école), « il faut qu’on change d’échelle ».
Un « déficit démocratique » en perspective pour l’opposant Patrick Sandoz
Pour Patrick Sandoz, citoyen de Saint-Blaise opposé à ce projet, on s’achemine vers un affaiblissement de la démocratie directe et locale, même si un siège est garanti à chaque commune durant les deux premières législatures. À ses yeux, cette fusion éloignera les citoyens de leurs autorités et risque d’alimenter le désintérêt pour la chose publique. Selon Patrick Sandoz, il sera aussi plus difficile de contester certaines décisions par référendum, étant donné qu’il faudra davantage de signatures pour faire aboutir la démarche. Il y voit donc « un déficit démocratique ».
Pour maintenir ce lien de proximité entre les autorités et les habitants, la convention de fusion mise sur l’instauration de réseaux citoyens, qui permettront à ceux qui le souhaitent de soumettre des propositions. Les subventions aux associations locales seront aussi maintenues durant la première législature.
Situation compliquée à Enges
Pour les partisans de la fusion, il est essentiel d’avoir un seul exécutif et un seul législatif de 41 membres, face aux difficultés de recrutement que connaissent les partis. La situation est particulièrement critique à Enges. « Dès que quelqu’un tombe malade, - c’est ce qu’on a vécu au Conseil communal d’Enges, - ça fait tout de suite un grand trou et c’est compliqué de trouver quelqu’un qui veut bien y aller », explique Constanze Bonardo, conseillère générale à Enges.
Sur le plan financier, la convention de fusion table sur un budget équilibré avec un coefficient fiscal fixé à 68 points. À Saint-Blaise, la population a refusé en juin de le relever à ce niveau pour le maintenir à 66.
Quant aux investissements, ils sont planifiés à hauteur de près de 12 millions de francs pour 2025.
Une vision de société « peu durable », aux yeux de Patrick Sandoz
Différents groupes de travail ont par ailleurs mis sur la table des propositions en vue de la nouvelle entité. Patrick Sandoz, opposé à cette fusion, regrette le manque de sobriété dans la vision de société proposée. Il évoque la volonté de faire croître le nombre d’emplois, d’habitants, d’infrastructures, de projets, le tout dans une logique qui se veut durable. À ses yeux, cette volonté de croissance « se heurte à la finitude de nos ressources ».
« Philosophiquement, on n’est pas sur la bonne voie. Ce serait le moment de changer d’optique et d’être plus sobre », conclut-il. Les citoyens auront le dernier mot le 26 novembre. /sbm











