Après une année d’accessibilité, le bilan est plutôt positif. Mais sa diffusion doit s’intensifier et la révision de la loi fédérale pourrait l’y aider. Le Conseil d’Etat salue le projet et propose de créer une seule et unique infrastructure nationale
Unifier l’infrastructure technique du dossier électronique du patient pour booster le taux de participation. C’est ce que propose le Conseil d’Etat neuchâtelois en réponse à la consultation de la révision de la loi fédérale. Depuis une année que le projet cantonal, Mon Dossier Santé, est accessible, 3'700 dossiers ont été ouverts. Un départ jugé satisfaisant par le Conseil d’Etat, mais un peu lent. Pour accélérer l’adhésion des patients et spécialistes de la santé, le gouvernement neuchâtelois propose que la Confédération mette sur pied une infrastructure unique et globale au niveau national. C’est ce qui figure dans la réponse du Conseil d’Etat dans le cadre de la consultation fédérale. Dans le domaine des systèmes d’informations, lorsque, dans tous les cantons, les défis techniques et les possibles solutions sont les mêmes, cela justifie une infrastructure nationale, explique Laurent Kurth. « Ça a beaucoup plus de sens d’avoir une solution qui est la même pour tous les cantons et ensuite ils peuvent l’appliquer en fonction des spécificités de leur territoire », relève le conseiller d’Etat en charge de la santé.
« On ferait des économies dans le développement, la maintenance et dans la facilité à communiquer entre les cantons »
Une idée qui représente beaucoup d’avantages donc, selon le Conseil d’Etat. Mais reste que le dossier électronique du patient existe déjà dans le canton de Neuchâtel. Alors que va-t-il devenir ? Rien ne va être perdu, répond Laurent Kurth. De plus, les solutions techniques pourraient être les mêmes, puisque le partenaire de la majorité des cantons qui ont un dossier électronique des patients est La Poste, et qu’elle pourrait se charger de l’exploitation d’un système unique.
« L’idée est de faire migrer les systèmes cantonaux existants dans un autre national »
Des modifications législatives importantes et saluées
Cette révision de la loi fédérale comprend deux innovations législatives que le Gouvernement neuchâtelois soutient et qui sont importantes pour lui. L’idée est « qu’on part du principe que le patient doit avoir un dossier électronique sauf s’il s’y oppose », détaille Laurent Kurth. Un peu à la manière des modifications de la loi sur le don d’organe, tout le monde en aurait donc un à moins qu’il ne communique son refus.
Autre changement législatif qui pourrait aider au développement du dossier électronique du patient et à l’augmentation du taux de participation : l’obligation pour les spécialistes de la santé de se raccorder et d’utiliser ce système.
« Cela veut dire qu’une très grande majorité de la population aura dans quelques années, si cette révision est acceptée, son dossier électronique du patient »
Notez qu’au terme de la consultation, jeudi dernier, seule l’UDC fait front à cette révision de la loi fédérale. La majorité des patients et des professionnels de la santé sont d’avis, comme le Conseil d’Etat neuchâtelois, qu’un service de gestion des données central serait une meilleure solution plutôt que de conserver les huit sociétés d’exploitation actuelles. /lgn









