Leur braquage du guichet CFF de la gare de La Chaux-de-Fonds en octobre 2021 leur avait rapporté d’abord 40 000 francs… puis la prison.
En mars dernier, le Tribunal criminel de la Métropole horlogère avait condamné deux jeunes braqueurs à des peines fermes de 38 et 44 mois. Celui qui avait été condamné à 3 ans et 2 mois de prison a fait appel pour obtenir un sursis partiel qui aurait favorisé sa réinsertion. Mais il n’a pas obtenu gain de cause devant la Cour pénale, qui confirme pour l'essentiel le jugement de première instance. Les magistrats auraient même alourdi la peine de trois mois, si le Ministère public avait aussi fait appel du premier jugement.
Il fête ses 22 ans au tribunal
Ce jeune homme aux attitudes de caïd, comme l’a décrit le procureur, qui s’est présenté vêtu de blanc ce vendredi au tribunal, la démarche assurée, représente un trop grand risque de récidive pour bénéficier d’un quelconque sursis. Même s’il n’a que 22 ans, qu’il a d’ailleurs fêté en arrivant menotté au tribunal, sous les yeux de sa mère et de sa grand-mère.
L'individu n’en était pas à son coup d’essai. Il avait déjà osé, à l’âge de 16 ans, braquer une grand-maman. Et le procureur a fait allusion à une autre affaire, encore une tentative de braquage, qui est en attente de jugement.
Braquage en deux minutes
La justice a tenté de se mettre dans la tête de l’auteur du crime (19 ans au moment des faits), qui flanqué de son complice a débarqué avec son arme factice - un pistolet à billes Beretta - au guichet CFF, devant trois employés et trois clients, réussissant à faire ouvrir le coffre-fort au stagiaire, et s’éclipsant après deux minutes chrono, pour ensuite flamber cet argent à coups de champagne et de prostituées, au sud de la France et en Espagne, là où une arrestation aisée a eu lieu.
Pourquoi tout ça, sans même avoir l’espoir de ne pas se faire arrêter, a lancé l’un des juges?L’accusé n’a pas vraiment su répondre. Il a dit aspirer à une vie normale, vouloir trouver un emploi dans les remontées mécaniques et soigner son besoin d’adrénaline dans les sports extrêmes. Mais il est reparti menottes aux poings.
Tel Cendrillon...
La défense s'attaquait surtout au jugement de première instance concernant un épisode postérieur au braquage. Alors en détention provisoire avant le premier jugement, le jeune homme avait obtenu des mesures de substitution à la prison ferme. Il avait un travail. Mais un soir de l'été dernier, il a piqué une voiture de rallye et fait vrombir le moteur dans le village d’Auvernier. Poursuivi par la police, il a fracassé le véhicule dans un mur avant de s’enfuir avec succès dans les vignes en pleine nuit... pour mieux se rendre à la police le lendemain... Pas par remords semble-t-il, mais parce qu’une de ses baskets était restée coincée dans la voiture après l’accident.
Le chauffard s’est donc fait pincer tel Cendrillon, a imagé la présidente de la Cour pénale. Et la police n’a eu aucun mal à démonter la première version des faits présentée par le prévenu, qui disait d’abord avoir été sur le siège passager ce soir-là.
La Cour pénale a estimé que dans ce rodéo nocturne aussi, le jugement du Tribunal criminel était proportionné. /vco









