Attaque de charançon sur les betteraves

Nouveau péril pour le sucre suisse. Le bassin de production de la betterave sucrière a subi ...
Attaque de charançon sur les betteraves

Nouveau péril pour le sucre suisse. Le bassin de production de la betterave sucrière a subi les assauts du charançon, cette année. Une première

Les galeries creusées par la larve de charançon rend la betterave vulnérable à la pourriture. Les galeries creusées par la larve de charançon rend la betterave vulnérable à la pourriture.

Les betteraves sucrières attaquées par un nouveau nuisible. Pour la première fois cette année, la plante intéresse les charançons. L’origine du problème vient de sa méthode de reproduction. L’insecte vient pondre ses œufs dans les feuilles. Au stade larvaire, la bestiole migre vers la racine et y reste, en creusant des galeries, jusqu’à sa transformation finale. Le coléoptère sort alors à l’air libre laissant à la surface du tubercule un trou béant, favorable à l’installation de la pourriture. Si celle-ci reste sèche, la betterave est toujours apte à être transformée en sucre. Si au contraire elle devient humide, c’est le travail d’une année qui est perdu.

Fabian Krebs, producteur à Cornaux

Tout le secteur, de Genève à Soleure fait face à cette problématique, en particulier le pied du Jura. « Ça représente entre 5’000 et 6’000 hectares », explique Fabian Krebs, producteur à Cornaux. Selon ses dernières estimations, la moitié de ses trois hectares est concernée. L’automne doux et la sécheresse œuvrent en faveur de ses betteraves. Impossible par contre de les arracher à la terre avant l’heure. Les deux raffineries de Suisse viennent de commencer le travail. A l’est du lac de Bienne, celle d’Aarberg, qui transforme les récoltes de la région, ne peut pas accueillir la totalité de la production en une seule fois. Celle-ci est donc échelonnée. Et le tour de Fabian Krebs ne devrait pas arriver avant mi-novembre.

Un plan de bataille est en train de se mettre en place. « Les producteurs qui ont des parcelles infestées par le charançon peuvent prendre contact avec la sucrerie pour essayer de trouver une solution pour que leurs betteraves puissent partir le plus vite possible », explique Fabian Krebs.


Aucun moyen de lutte connu

Les attaques de charançon sont inédites sur les betteraves suisses. Selon le producteur de Cornaux, le petit coléoptère est venu du sud poussé par la hausse des températures. Pour les producteurs qui, comme Fabian Krebs, n’utilisent pas d’insecticide, il n’existe actuellement aucune technique pour lutter contre ce nuisible, étant donné que les cultures de betterave ne sont pas légion dans les régions d’où il provient.

Le charançon est un coup dur en plus pour l’industrie sucrière suisse, elle qui est déjà impactée par d’autres nuisibles. L’altise détruit le feuillage au printemps et cette année également en août. Les pucerons amènent la jaunisse et la cicadelle apporte des bactéries qui sont responsables du syndrome des basses richesses, une chute drastique de la teneur en sucre des betteraves. La solution passera peut-être, à terme, par de nouvelles variétés de betterave, plus résistantes. Mais les recherches prennent du temps et doivent être repensées à l’apparition de chaque nouveau ravageur. « La nature va plus vite que nous », conclut Fabian Krebs. /cwi-rgi


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