Fédérales : l’affiche électorale reste importante

L’affiche n’est pas passée de mode. En vue des élections du 22 octobre, RTN a sondé les principaux ...
Fédérales : l’affiche électorale reste importante

L’affiche n’est pas passée de mode. En vue des élections du 22 octobre, RTN a sondé les principaux partis dans la course aux fédérales au sujet de l’importance accordée à l’affichage. Force est de constater que cette pratique est encore largement en vogue aujourd’hui

Pour les partis, l'affiche a encore une influence sur le vote de la population. (Photo : Keystone, Marcel Bieri) Pour les partis, l'affiche a encore une influence sur le vote de la population. (Photo : Keystone, Marcel Bieri)

L’affiche garde la cote. C’est ce que RTN a pu observer en sondant les principaux partis politiques neuchâtelois en vue des élections fédérales du 22 octobre. Plusieurs formations politiques déclarent toutefois en faire « un peu moins », les montants dépensés pour cette publicité sont aussi significatifs dans les budgets des partis. Mais les pratiques d’affichages et les stratégies varient en fonctions des formations. Toutes s’accordent sur un point : la campagne ne se fait pas uniquement sur des pancartes au travers de l’affiche dit « sauvage » au bord des routes ; elle se mène au marché, dans la rue, sur les espaces publicitaires ou encore sur les réseaux sociaux.

Certains partis visent la carte ultra-locale en travaillant avec des photographes et des imprimeurs de la région. C’est le cas de l’UDC neuchâteloise et du POP. Les popistes collent 170 affiches au format mondial sur des supports en bois qu’ils installent dans les régions. L’investissement pour ces pancartes avoisine les 10'000 francs, frais d'impression et de graphisme confondus, explique Vivian Bologna, secrétaire cantonal du parti.

Vivian Bologna 

Déjà du vandalisme 

A l’UDC, le budget de la campagne se chiffre à 60'000 francs. Plus de 500 affiches sont prévues tant en papier que sur des structures alvéolées. Fin août, peu après avoir posé des affiches à son effigie, Niels Rosselet-Christ avait vu une pancarte être vandalisée en moins de 24 heures. Il observe que si le vandalisme était criant il y a dix ans, la pratique – que tous les partis dénoncent comme une forme antidémocratique – a néanmoins sensiblement baissé aujourd’hui à ses yeux à l’encontre de son parti.

Le Centre injectera 6'500 francs dans ses affiches et en éditera 550. Principal avantage des affiches pour ce parti : « les gens aiment bien voir pour qui ils votent, et ils aiment bien aussi voir comment sont les gens pour qui ils votent ».

Nathalie Schallenberger 

Pas d'affichage sauvage pour les Verts 

Les Verts, eux, ont renoncé depuis 2021 à l’affichage au bord des routes. Le parti a opté pour l’installation sur les espaces privés des membres de 300 drapeaux et d’une centaine d’affiches. Sur l’espace public et payant, 200 affiches au format mondial sont prévues. Plus de 2'000 flyers seront distribués, de même que des savons et des pommes. L’investissement en matière d’impression représente environ 7'500 francs. Renoncer à l’affichage sauvage au bord des routes n'est dès lors pas considéré comme une perte de visibilité par la présidente du parti, Christine Ammann Tschopp.

Christine Ammann Tschopp 

Se montrer rapidement 

En termes d’affichage sauvage, c’est le PLR qui a ouvert le bal dans le canton. Le parti de droite a commencé à placarder ses affiches dès le 20 août. Pour son président Fabio Bongiovanni, « il ne s’agit pas d’une course à l’emplacement stratégique mais plutôt la volonté d’être visible pour que la campagne se lance », explique-t-il. Si l’affichage sauvage ne représente qu’une toute petite part du budget du PLRN, ce dernier a quand même décidé de réduire la voilure. « Nous allons toutefois utiliser entre 800 et 1'000 affiches », précise Fabio Bongiovanni.

Fabio Bongiovanni 

Réduire la voilure 

Cette stratégie précoce d’affichage des Libéraux-Radicaux a eu des conséquences dans l’agenda de la campagne des Vert’Libéraux. « Nous avons avancé d’une semaine la pose de nos affiches », explique Dominik Schneuwly, co-directeur de campagne. Avec un budget d’à peu près 4'000 francs, le PVL a décidé de limiter ses 300 affiches à l’extérieur des villes du canton. « A Neuchâtel et à la Chaux-de-Fonds, nous compterons seulement sur l’affichage officiel », note Dominik Schneuwly.

Du côté de SolidaritéS, la voilure a également été réduite. La formation de gauche va produire près de 200 affichettes qu’elle distribuera dans le canton. La faute à un budget moins important qu’espéré, comme l’explique son président Dimitri Paratte. Si ce dernier regrette que les positions se soient durcies, notamment à droite de l’échiquier politique, il se réjouit de l’arrivée précoce des affiches dans l’espace public neuchâtelois. « C’est bien pour la société que la politique arrive dans la rue. Chez SolidaritéS, nous mettons plutôt nos slogans en avant afin de faire passer notre message », explique Dimitri Paratte.


Quid de l'affiche à l'avenir ? 

Cette « violence » électorale a également été constatée par le Parti socialiste et son président Romain Dubois. « C’est un phénomène que nous avons fortement observé aux dernières cantonales avec des insultes parfois racistes et des affiches totalement détruites », regrette-t-il. Le PS a toutefois investi près de 3'000 francs pour un peu plus de 300 affiches en vue du scrutin du 22 octobre. « Il y a certes le numérique aujourd’hui, mais cela engendre une fracture notamment avec les personnes âgées. Or, ces personnes votent », justifie Romain Dubois.

Romain Dubois 

Pour le président du PSN, la donne changera notamment lorsque tous les partis renonceront à mettre des affiches en période électorale. Ce qui, visiblement, n’est pas encore pour tout de suite. /dpi-aju


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus