Très peu d’Ukrainiens ont trouvé un travail à Neuchâtel

L’employabilité passe par la langue. Sur les 1'283 Ukrainiens actuellement établis dans le ...
Très peu d’Ukrainiens ont trouvé un travail à Neuchâtel

L’employabilité passe par la langue. Sur les 1'283 Ukrainiens actuellement établis dans le canton de Neuchâtel, 151 ont décroché un emploi. Leur situation et leur parcours freinent l’apprentissage du français

Difficile pour les réfugiés et les Ukrainiens en particulier, de trouver de l'emploi. (Photo : archives) Difficile pour les réfugiés et les Ukrainiens en particulier, de trouver de l'emploi. (Photo : archives)

Les réfugiés ukrainiens qui ont trouvé du travail dans le canton de Neuchâtel sont peu nombreux. Ils sont 151, soit un cinquième de la tranche d’âge des 18-60 ans au bénéfice d’un permis S.

Les principaux freins à l’employabilité recensés par le Service des migrations sont le manque de solution de garde d’enfants, beaucoup de mères sont venues seules en Suisse avec leur progéniture, et la barrière de la langue.

Apprendre le français, ça n’est pas simple, à plus forte raison si l’on est émigré, qu’on vient d’un pays en guerre et qu’on espère pouvoir rapidement rentrer à la maison. Avec un alphabet et une grammaire différente, l’apprentissage est encore plus compliqué.

Grégory Jaquet chef du service de la cohésion multiculturelle du canton de Neuchâtel : « C’est difficile lorsqu’on a plein d’autres sujets à gérer en matière de sécurité voire de survie »

Repartir rapidement, c’était le but de la plupart des réfugiés ukrainiens lors qu’ils sont arrivés en Suisse, dès le printemps 2022. Mais le temps passe, la guerre s’enlise et certains réfugiés commencent à envisager leur avenir sous nos latitudes. Ce qui pourrait être une motivation supplémentaire pour apprendre le français.

« C’est difficile d’apprendre une deuxième langue, à plus forte raison quand on est en exil »

Le but des cours de français proposés actuellement par les pouvoirs publics aux réfugiés est de les amener au niveau A2, c’est-à-dire pouvoir se débrouiller dans une conversation courante et au quotidien. Mais ça n’est pas toujours suffisant pour trouver du travail.

« Pour beaucoup de postes, ça n’est pas suffisant »

En plus de tous les soucis rencontrés par les réfugiés ukrainiens, il y a encore la question de la prolongation du statut S. Des discussions devraient avoir lieu cet automne à Berne. Cette incertitude n’aide pas non plus dans l’apprentissage de la langue.

Grégory Jaquet reconnait que si les permis S devaient être prolongés, cela obligerait les collectivités publiques à être meilleures dans le dispositif de l’apprentissage du français.

« Devrions-nous être meilleurs en matière de transmission des langues ? La réponse est toujours oui »

Il y a actuellement un peu plus de 1'283 Ukrainiens, tous âges confondus, dans le canton de Neuchâtel. Un chiffre qui fluctue au jour le jour, prévient le Département de l’emploi et de la cohésion sociale. /cwi


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