La crise guette les coiffeurs neuchâtelois

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les salons sont soumis à une concurrence sans pareille ...
La crise guette les coiffeurs neuchâtelois

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les salons sont soumis à une concurrence sans pareille et voient le prix de leur service baisser. RTN s’est penché dans les chiffres et les témoignages de la faitière

Depuis la fin de la pandémie, le secteur de la coiffure doit faire face à une nouvelle réalité. (Photo libre de droits). Depuis la fin de la pandémie, le secteur de la coiffure doit faire face à une nouvelle réalité. (Photo libre de droits).

Les salons de coiffure neuchâtelois vivent une période compliquée. Principalement depuis la fin de la pandémie, ils doivent faire face à une concurrence de plus en féroce. Conséquence, les prix des services proposés sont à la baisse et la formation devient compliquée. Cette hausse du nombre de salons n’est pas un phénomène nouveau.

Selon les chiffres les plus récents fournis par le service de la statistique cantonale, 31 nouveaux salons ont vu le jour à Neuchâtel entre 2011 et 2020. Les chiffres montrent aussi que cette hausse se traduit en termes d’emploi. En neuf ans, 40 nouveaux postes ont été créés portant ainsi à 577, le nombre d’emplois dans le secteur de la coiffure. Vous l’aurez peut-être remarqué en vous promenant à Neuchâtel ou à La Chaux-de-Fonds, mais l’arrivée massive des barbers shops n’est pas étrangère à cette hausse. Une nouvelle réalité « qui dérange » dans la coiffure masculine, comme l’explique Pascale Kuntzer, première présidente de la section cantonale de Coiffure suisse.

Outre le prix des coupes, la question de l’hygiène dans ces salons est l’une des critiques qui revient le plus souvent. Contacté, le Service de la consommation et des affaires vétérinaire nous a confirmé qu’il ne fallait aucune autorisation particulière pour ouvrir un barber shop. Par contre, le SCAV a tempéré les critiques sur l’hygiène. « Les barbers ne sont pas de mauvais élèves et ne sont donc pas plus sujets aux amendes que d’autres commerces ». Reste que Roxanne Casali, actuelle vice-présidente et future présidente de Coiffure Suisse Neuchâtel, voit « bien d’autres problèmes soulevés par l’arrivée des barbers shops ».

Des prix qui posent problème

Il est impossible pour les coiffeurs de pratiquer des tarifs aussi bas, car au niveau national, le métier de la coiffure est régi par une convention collective de travail qui est entré en vigueur depuis le 1er mars 2018. Nous avons pu la consulter et remarquer les obligations salariales auxquelles sont soumis les salons. Dans ces conditions, il est « impossible de proposer une coupe à 20 francs », selon Pascale Kuntzer.

Pas de guerre ouverte

Reste que la présence des barbers shop est désormais bien ancré dans le canton. Pour Roxane Casali, une coopération n’est pas impossible « si les barbers se plient aux exigences de Coiffure Suisse ».

Un problème de formation

La situation actuelle devient de plus en en plus difficile à tenir pour les salons neuchâtelois. Rien qu’au niveau de la formation, les conditions salariales et les horaires découragent de plus en plus de jeunes à se lancer dans cette branche. « On baisse les tarifs, donc on ne peut pas augmenter le salaire de nos futurs apprentis ou de nos employés », regrette Roxanne Casali.

Nous avons tenté de faire réagir des barbers shop, mais nos demandes sont restées sans réponse. /dpi


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