Les méthodes pour lutter contre les plantes exotiques invasives fonctionnent plutôt bien dans le canton de Neuchâtel. Le territoire a été débarrassé de plusieurs espèces envahissantes. D’autres se montrent plus coriaces
Les plantes voyagent. Parfois avec l’aide du vent, parfois avec la complicité des habitants de la planète. Résultat, certaines essences prennent leurs aises et colonisent des régions où elles ne sont pas censées se trouver. On parle alors de plantes invasives ou de néophyte. Lorsqu’elles bouleversent l’équilibre biologique d’un lieu, elles deviennent problématiques.
Le problème n’est pas nouveau, il trouve notamment son origine au 16e siècle, lorsque les explorateurs ont ramené du Nouveau Monde sur le vieux continent des plantes jusqu’ici inconnues en occident.
Si certaines de ces essences ont été « domptées », comme la tomate, le maïs ou la pomme de terre, d’autres restent incontrôlables ou presque. Par exemple la Renouée du Japon, originaire d’Asie, a été introduite en Europe au Moyen Âge déjà, puis au 19e siècle. Sans prédateurs, l’essence s’est très vite acclimatée, au point de faire de l’ombre aux espèces indigènes et par là même, déséquilibrer les écosystèmes.
Depuis plusieurs années, les collectivités publiques luttent contre la prolifération de ces indésirables. En 2015, la Confédération a publié une brochure sur ces essences néophytes. Elles peuvent représenter un danger pour la biodiversité, mais aussi pour les animaux, les humains et même parfois les infrastructures.
Yannick Storrer, collaboratrice scientifique en charge de la thématique des néophytes au Service de la faune, des forêts et de la nature du canton de Neuchâtel : « Des plantes qui réussissent a démonter des infrastructures routières »
Régulièrement, le canton de Neuchâtel met sur pied des campagnes pour lutter contre ces plantes invasives. Et le succès est souvent, mais pas toujours, au rendez-vous. La région de l’Entre-deux-Lacs a ainsi pu être débarrassée de l’ambroisie à feuille d’armoise et le Val-de-Travers de la berce du Caucase. La renouée du Japon, elle, s’accroche. La plante est plus résistante. Elle dispose d’un système racinaire performant et a la possibilité de se reproduire avec un simple bout de tige. « Heureusement, chez nous, elle fleurit, mais elle ne forme pas de graine ».
Pour se débarrasser des néophytes, il faut choisir la bonne période, trouver des techniques de lutte adaptées, coordonner les mesures sur un territoire donné et assurer un suivi sur plusieurs années.
« Il y a plusieurs conditions pour que ça marche »
Les plantes exotiques invasives ont tout un arsenal pour se reproduire. Il n’existe donc pas qu'une seule technique pour les contrer. La lutte mécanique est privilégiée.
« Il y a tout un arsenal de techniques différentes »
Le Service de la faune, des forêts et de la nature du canton de Neuchâtel (SFFN), en collaboration avec le Service de l’agriculture, organise régulièrement des cours à l’attention des employés des espaces verts de l’État et des communes. Les agriculteurs sont aussi sensibilisés régulièrement aux plantes néophytes. Le SFFN a par contre du mal à entrer en contact avec les paysagistes.
« On a de la peine à savoir, par rapport aux espèces qui sont encore en vente, comment ils se positionnent »
Le simple citoyen peut aussi participer à l’effort. La première chose nécessaire est de pouvoir identifier les plantes. Sur son site, l’État de Neuchâtel dresse la liste des plantes exotiques envahissantes. Le SFFN a sorti récemment des posters et un nouveau flyer. Ils renseignent sur les plantes et les méthodes de lutte. La première chose, une fois la plante identifiée, c’est de ne pas la mettre au compost, mais de l’envoyer à l’incinération.
« La première chose est de pouvoir identifier les plantes »
Dans la région de Bienne, plusieurs communes ont décidé de mettre gratuitement à disposition des citoyens des sacs pour éliminer les plantes néophytes qui ne doivent pas être jetées au compost. La cité seelandaise a également invité ses habitants à remplacer les espèces envahissantes de leur jardin par des plantes indigènes, mises à disposition par la Municipalité. Rien de tel n’est pour l’instant prévu dans le canton de Neuchâtel, mais les autorités restent à l’affut de toutes bonnes idées.
« La question c’est de statuer d’abord sur l’interdiction de vendre des laurelles, plutôt que de subventionner leur arrachage »
/cwi









