Un début de saison en fanfare dans les ruches, notamment en montagne. Entre fin mai et début juin, les abeilles ont travaillé à plein régime. En trois semaines, elles ont rapporté jusqu’à 30 kilos de nectar de pissenlit et d’érable dans leur habitat pour le transformer en miel de printemps.
Cette période faste a permis à Philippe Roth, apiculteur à la Montagne de Travers, de récolter d’environ 18 kilos par ruche. Impressionnant lorsqu’on sait qu’en moyenne, une colonie produit 20 kilos par année.
Philippe Roth possède environ 80 colonies, dont une partie en plaine. Les quantités récoltées à basse altitude sont relativement similaires. C’est un miel de miellat, plus foncé et plus fort au goût.
« J’ai fait une récolte aussi dans la région de Boudry »
La météo maussade du printemps a favorisé la formation d’essaims. Alors que la colonie est en plein processus de développement, le temps frais et pluvieux a confiné les abeilles à l’intérieur des ruches. La femelle peut alors quitter la maison juste avant la naissance de nouvelles reines et emmener avec elle une bonne moitié des ouvrières.
« Le phénomène de l’essaimage, c’est le renouvellement naturel des colonies »
La saison de récolte du miel pourrait s’arrêter là. Traditionnellement, les agriculteurs attendent la fin de la floraison du pissenlit pour faucher et laisser la place à de nouvelles fleurs. Or cette année, la météo, trop sèche, est venue jouer les trouble-fêtes. Alors que les prairies devraient chatoyer de trèfles blancs, ce ne sont que des surfaces jaunies, brûlées, qui s’offrent au regard.
« Le miel qu’on a récolté ce printemps, c’est le travail de l’année dernière »
Pour les abeilles, c’est le chômage technique. À tel point que les apiculteurs hésitent à retirer les hausses à miel et lancer les travaux de préparation pour l’hivernage.
Il s’agit de multiplier les colonies pour anticiper les éventuelles pertes durant la saison froide et lutter contre le varroa, un acarien parasite de l’abeille. Cette dernière opération prend du temps, deux semaines de traitement entrecoupées d’un mois de pause. Les apiculteurs doivent aussi évaluer les quantités de miel stocké dans les ruches et, si nécessaire, compléter avec un sirop de sucre.
« Les abeilles hivernent mieux avec du miel qu’avec du sirop de sucre »
Avant de récolter du miel, ce qui intéresse Philippe Roth dans l’apiculture, c’est d’élever des abeilles. Il participe d’ailleurs avec quelques ruches à trois études en lien avec la lutte contre le varroa.
« J’ai mis des ruches et mon travail d’apiculteur à disposition »
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