Srebrenica : une marche pour la paix au Val-de-Ruz

Se cacher, se dissimuler, s’enfuir. Un rescapé neuchâtelois du massacre de Srebrenica témoigne ...
Srebrenica : une marche pour la paix au Val-de-Ruz

Se cacher, se dissimuler, s’enfuir. Un rescapé neuchâtelois du massacre de Srebrenica témoigne après avoir réussi à passer à deux reprises à travers les mailles de ce massacre qui s’est produit il y a 28 ans en Bosnie-Herzégovine. Une manifestation pour la paix se tient ce dimanche dans le Val-de-Ruz

Safet Alic, avec son livre prochainement traduit en français. Safet Alic, avec son livre prochainement traduit en français.

Ne pas oublier le massacre de Srebrenica. C’est le but d’une marche pour la paix organisée dimanche matin dès 10h30 à Cernier.

La manifestation ne se veut pas vindicative. Les organisateurs appellent à soutenir les rescapés de ce drame qui a touché la ville de Bosnie-Herzégovine en juillet 1995. La conseillère d’Etat Florence Nater et le conseiller national Baptiste Hurni prendront notamment part à cette marche pour la paix.

Au terme de la dislocation de la Yougoslavie, plus de 8'000 hommes bosniaques ont été tués dans la région de Srebrenica par l’armée de la république serbe de Bosnie. Ce crime est qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

En marge de la marche de dimanche, nous avons rencontré Safet Alic. Ce Bosniaque a miraculeusement survécu au massacre de Srebrenica. Au début des années 2000, il a trouvé refuge en Suisse, s’est marié et a fondé son entreprise dans le Val-de-Ruz. En juillet 1995, il passe deux fois à travers les mailles du filet. « J’ai réussi à me cacher chaque fois qu’il y avait des séparations pour les ‘transports spéciaux’ réservés aux hommes de plus de 10 ans. »

Au travers du génocide, Safet Alic a perdu la majeure partie de sa famille. « On ne peut pas oublier. Certaines choses, je dois les effacer si on veut vivre avec le monde » explique-t-il lorsqu’on l’interroge sur sa quête de paix intérieure. Au moment d’évoquer le pardon, il y a un long soupire. « Non, je ne pardonne pas les auteurs. Par contre, je n’en veux pas personnellement au peuple serbe, qui n’a rien à se faire pardonner d’ailleurs ».

Pour aller de l’avant, Safet Alic a retranscrit sa propre histoire dans un livre. « Reste ce que tu es », écrit en bosniaque, sera bientôt traduit en français. Désormais, il faut dialoguer. Evoquer le drame. Et se souvenir du massacre, notamment lors de la marche pour la paix de ce dimanche. « Afin que ce qui nous est arrivé n’arrive jamais à personne », conclut Safet Alic. /aju


 

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