Le canton fait le point sur la violence domestique. Elle a servi de cadre à dix des onze homicides au cours de la dernière décennie. Neuchâtel participe à un projet pilote autour du bracelet électronique. Il vise à créer une centrale de surveillance au niveau national
La majorité des meurtres commis dans le canton de Neuchâtel sont en lien avec la violence domestique. C’est le cas pour dix des onze homicides commis cette dernière décennie.
Une semaine après le féminicide qui a coûté la vie à une presque octogénaire, le canton a fait ce mardi le point sur la question et abordé la délicate question du bracelet électronique. Neuchâtel participe avec dix autres cantons à un projet pilote qui vise à tester ce dispositif.
La violence domestique représente 5% des infractions annoncées à la Police neuchâteloise. Elles étaient au nombre de 550 en 2021 et 520 en 2022. Les forces de l’ordre interviennent en moyenne entre 5 et 7 fois par semaine pour ce genre de situation.
Le canton de Neuchâtel, avec différents services, a mis en place toute une série d’outils pour prévenir la violence domestique et assurer une meilleure prise en charge des victimes. Cela va de l’expulsion du domicile pour l’agresseur à la détention en passant par le suivi des cas. Pour les victimes, le canton veut renforcer et professionnaliser le groupe menaces et prévention de la violence de la Police neuchâteloise et améliorer le processus de dépôt de plainte.
Sami Hafsi, chef de la police judiciaire : « Le risque zéro n’existe pas »
Avec dix autres cantons de Suisse, Neuchâtel mène un projet pilote qui vise à juger de la pertinence du bracelet électronique pour les auteurs de violences domestiques. L’idée est d’analyser les expériences de chacun pour trouver le meilleur système. Il s’agit à terme de créer une centrale d’alarme au niveau national.
Neuchâtel entend tester pratiquement et techniquement le bracelet électronique dans un cas réel. Il faut pour cela trouver la bonne situation, en collaboration notamment avec le ministère public et l’autorité de protection de l’adulte et de l’enfant, et que la victime soit d’accord avec ce principe.
« On va vérifier si l’auteur a suivi les injonctions de la justice »
Le procureur général du canton de Neuchâtel porte un regard assez ambigu sur le bracelet électronique. Il peut générer un faux sentiment de sécurité, explique Pierre Aubert. Mais il peut aussi dissuader l’auteur de récidiver. Le magistrat prévient qu’une personne déterminée ne sera pas retenue par un bracelet électronique.
Pierre Aubert, procureur général : « Le bracelet électronique ne va pas terminer nos problèmes. Il va nous aider à en résoudre un certain nombre et peut-être en compliquer d’autres »
Le projet de centrale d’alarme nationale devrait avoir nettement avancé d’ici 2 à 3 ans, estime Alain Ribaux, le conseiller d’État en charge de la sécurité. /cwi









