Prison avec sursis pour un luthier neuchâtelois

Un luthier neuchâtelois écope de 18 mois de prison avec sursis pour avoir soutiré plusieurs ...
Prison avec sursis pour un luthier neuchâtelois

Un luthier neuchâtelois écope de 18 mois de prison avec sursis pour avoir soutiré plusieurs millions de francs à des investisseurs

Un luthier neuchâtelois a été condamné pour avoir soutiré plusieurs millions de francs à des investisseurs. (Photo : CC BY-SA / Jlf cleaner ) Un luthier neuchâtelois a été condamné pour avoir soutiré plusieurs millions de francs à des investisseurs. (Photo : CC BY-SA / Jlf cleaner )

Un luthier neuchâtelois a été condamné par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne pour diverses opérations frauduleuses en lien avec des violons. Il écope d'une peine de prison de 18 mois, mais avec sursis.

La plupart des faits reprochés à ce sexagénaire, figure mondiale de la lutherie, sont tombés mardi lors de son procès. Et notamment les accusations d'escroquerie par métier, pour cause de prescription.

Les faits principaux, admis par le prévenu, remontent à 2007. Le Chaux-de-Fonnier était parvenu à soutirer d'importantes sommes à des investisseurs vaudois, dont un homme d'affaires dont il était l'associé, pour l'acquisition de violons. Des instruments réels ou imaginaires pour lesquels il promettait une revente profitable.

Le luthier a toutefois trompé ses partenaires, revendant les violons à leur insu sans leur reverser leur part. Selon le Ministère public, le préjudice global se chiffrerait à 3,8 millions, dont environ 2,7 millions pour l'homme d'affaires.

Les investisseurs grugés ont longtemps été menés en bateau grâce à « l'édifice de mensonges et de mises en scène » (selon l'acte d'accusation) monté par le prévenu. Ce n'est qu'en 2016 que l'homme d'affaires a porté plainte. Le manque de collaboration de la justice italienne - le luthier disposait d'un atelier à Rome - a ensuite fait traîner l'enquête.


« Plus un sou »

L'escroquerie par métier est prescrite après 15 ans, a souligné mardi au tribunal la procureure Audrey Rentsch, pour expliquer l'abandon de ce chef d'accusation. Le luthier a aussi été libéré des soupçons de gestion déloyale. En revanche, il a bel et bien été condamné pour abus de confiance et faux dans les titres.

Le Ministère public et la défense ont conclu un arrangement, validé par le Tribunal, pour fixer la peine à 18 mois avec sursis durant trois ans. Le luthier est également tenu de respecter la convention signée avec l'homme d'affaires, dans laquelle il s'engage à continuer de rembourser une partie du préjudice.

Avocat du luthier, Marc-André Nardin a estimé que cet accord était « juste ». Il a aussi souligné que son client avait été loin de s'enrichir avec ces différentes affaires. Au contraire, après avoir vendu son atelier ainsi que ses collections d'instruments et de tableaux, « il n'a plus un sou, il se retrouve à nu », a-t-il affirmé.


Passé par la prison

Quant au principal intéressé, il a dit ses « regrets » et reconnu « un énorme gâchis ». Et d'ajouter : « Je me suis retrouvé dans des affaires plus grosses que moi. J'ai été pris dans un tourbillon. »

De retour en terres neuchâteloises après sa parenthèse romaine, il a expliqué être revenu « aux fondamentaux » de la lutherie. Il continue de réparer, construire et expertiser des violons, « mais le gros commerce, c'est fini », a-t-il assuré.

Cette condamnation n'est pas la première pour le luthier, lui qui est passé devant d'autres tribunaux pour des affaires similaires. Le Tribunal économique de Berne l'avait notamment condamné en 2017 à trois ans de prison, dont la moitié ferme. Il a déjà purgé cette peine.

Concernant l'enquête menée contre lui en Italie, la procédure est toujours en cours. /ats-jad


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