Sur le Plateau suisse, trouver des surfaces de remplacement lorsqu’on défriche des zones de forêt pour un projet devient plus difficile. Dans le canton de Neuchâtel, il n’y a pas encore de grandes frictions dans ce domaine
Il devient plus délicat de trouver des surfaces de remplacement en Suisse lorsque l’on défriche des zones forestières pour des projets de construction. C’est ce que montre une étude récente de l’économiste David Troxler, de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
En Suisse, c’est la règle, le défrichement est interdit. Les autorités cantonales n’accordent de dérogations aux maîtres d’ouvrage que si leur projet ne peut pas être mené hors d’une zone de forêt. Si le déboisement est temporaire, la surface forestière doit être rétablie après le chantier. Si elle est définitive, les responsables doivent trouver une parcelle équivalente à proximité, même si elle ne doit pas obligatoirement se trouver dans le même canton.
Pas encore de tension
Dans le canton de Neuchâtel, il n’y a pas encore de grandes difficultés à dénicher ces surfaces, selon Marc Ballmer Mees, ingénieur forestier neuchâtelois en charge de l’aménagement et la protection des forêts. C’est tout de même plus compliqué dans les zones les plus urbanisées comme le Littoral et les abords des villes.
« On arrive toujours plus ou moins à trouver des surfaces »
Zone la plus peuplée du pays, le Plateau est le plus concerné par le phénomène. Ces dernières années, le recours aux exceptions s’est fait de plus en plus fréquent, une tendance qui devrait se confirmer, selon le spécialiste, qui s’attend à une multiplication des conflits.
Marc Ballmer Mees craint que l’expansion du tissu urbain réduise à l’avenir les possibilités de trouver des surfaces de compensation et remette en cause certains projets sur le Plateau et dans le canton de Neuchâtel, étant donné également que l’urbanisation n’est pas le seul usage légitime du territoire.
« Il y aura de moins en moins de possibilités »
C’est aux maîtres d’ouvrage de trouver les zones de remplacement, en s’appuyant sur des professionnels. Le rôle de l’Etat, dans ce domaine, c’est de faire respecter la loi, et le cas échéant, de sanctionner les abus.
« Avant d’accorder l’autorisation, il y a plusieurs critères à examiner »
En Suisse, environ 185 hectares de forêts sont défrichés chaque année, l’équivalent de 260 terrains de football. /ats-jhi









