Lutter contre les inondations à Travers

La Commune de Val-de-Travers a développé un nouveau concept afin de limiter les crues de l’Areuse ...
Lutter contre les inondations à Travers

La Commune de Val-de-Travers a développé un nouveau concept afin de limiter les crues de l’Areuse dans le village de Travers. Un nouveau système d’alarme permettra d’anticiper les interventions des pompiers

L'Areuse lors de la dernière crue le 24 décembre 2022. (Photo: BNJ) L'Areuse lors de la dernière crue le 24 décembre 2022. (Photo: BNJ)

« On est inquiet de cette situation depuis plusieurs années ». Yves Fatton, chef du dicastère des infrastructures à Val-de-Travers est conscient des inondations récurrentes dans le village de Travers : il était sur place à Noël 2022, lors de la dernière crue. Le chef du dicastère des infrastructures planche sur un projet depuis près de trois ans avec un bureau d’ingénieurs, afin de changer cette situation. Il faut dire qu’à chaque « grande crue », de nombreuses maisons proches de l’Areuse sont inondées. Les derniers travaux sur ce secteur de la rivière datent de la période 1997-2000, et depuis, près d’une quinzaine de crues ont eu lieu. Il s’agit donc d’adapter les structures sur place, d’autant plus que les orages sont aujourd’hui plus violents et plus locaux qu’il y a 25 ans.


Réduire le nombre de clapets

Aujourd’hui, un système de clapets est en place afin d’évacuer les eaux claires et les eaux usées vers l’Areuse, des sorties qui se referment lorsque le niveau de la rivière est trop haut, afin d’éviter que l’eau fasse le chemin inverse. Mais ces 40 clapets (dont 25 se referment) demandent un entretien régulier, afin d’éviter un blocage par des branches par exemple. L’idée est donc de réduire leur nombre. « Il s’agit de créer un réseau d’eaux pluviales pour ramener toutes les eaux pluviales en un seul point. Il va nous permettre d’avoir un clapet facilement entretenable par la Commune, qu’on pourra contrôler même en cas d’inondations » explique Antoine Bieler, technicien pour le bureau d’ingénieurs Mauler qui a collaboré avec Val-de-Travers. Situé vers les moloks, ce point unique serait accompagné d’une fosse, « une chambre », pour accueillir les eaux pluviales une fois le clapet fermé. En cas de besoin, Antoine Bieler précise « qu’il sera possible de pomper les eaux pluviales pour les rejeter dans l’Areuse par-dessus le mur de protection », grâce à une des deux grandes motopompes (capacité de 450 m3), que la Commune souhaite acquérir.

Antoine Bieler: « Actuellement il n’y a pas de système qui permet de rejeter l’eau dans la rivière »

Du changement sur la rive gauche aussi

Le même type de système, à savoir un clapet unique ainsi qu’une fosse, est prévu pour la rive gauche, pour les trois bâtiments concernant en amont du pont de Travers. Le secteur sera également raccordé à un autre canal des eaux usées, à savoir celui situé sous la H10, afin d’éviter des inondations depuis l’Areuse.

Antoine Bieler : « Les alertes permettent aux pompiers de connaître le niveau de la rivière, et d’avoir une alerte au moment où les clapets se ferment »

Un radar sous le pont

Afin de gagner en réactivité, la Commune de Val-de-Travers a aussi planifié un système de mesures des eaux sous le pont, afin de surveiller le niveau. Le but est de gagner quelques heures précieuses pour les pompiers, afin de réagir en cas d’inondations. « Actuellement, les pompiers sont avertis quand il y a déjà de l’eau dans les caves » explique Antoine Bieler, technicien pour le bureau d’ingénieurs Mauler. « A futur, ils sauront qu’ils pourront préparer leur matériel et être prêt au moment où l’eau arrive dans les réseaux ».

Au total, le projet est devisé entre 1,5 et 2 millions de francs. Il sera financé grâce au crédit de 19 millions de francs, voté par le Conseil général en 2019 dans le cadre de l’acceptation du plan général d’évacuations des eaux usées (PGEE). Yves Fatton, conseiller communal précise que « les coûts sont importants, mais si on peut éviter à nos populations d’être inondées de façon systématique, je pense que les coûts on peu d’importance. »

Yves Fatton : « Des coûts importants, pour sécuriser les gens et éviter les contres-coups derrière, avec les assurances, les réparations, sans oublier la crainte pour ces gens »

Ce système sera installé à la fin du printemps, à la même période où les autres travaux de génie civil devraient débuter. Ces derniers doivent durer six mois environ. Et puis il y aura la pratique, car il s’agira d’adapter aussi ce côté-là en cas de besoins. La Commune tient à maintenir son accompagnant pour les habitants dans cette étape.

L’ensemble de ces décisions a été présenté aux riverains concernés lors d’une séance à l’automne 2022. Le Service de l’Etat ainsi que l’ECAP sont également au courant de ce projet. /swe


 

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