Les habitants de deux immeubles à La Coudre vont devoir quitter leur logement d’ici fin juin pour permettre la rénovation des bâtiments. Les locataires vont perdre des loyers très bas dans l’opération
C’est un courrier qu’aucun locataire n’aimerait recevoir dans sa boîte aux lettres. Les habitants de deux immeubles rue de la Vy d’Etra 67 et 69 à Neuchâtel ont reçu mi-février un avis de résiliation de leur bail pour le 30 juin. Les bâtiments appartiennent à la Caisse de pension de la fonction publique du Canton de Neuchâtel (CPCN), qui souhaite les rénover en profondeur à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur. Ces immeubles, construits en 1963 et qui abritent 32 logements, sont à l’évidence vétustes. Peu de travaux de rénovation y ont été menés au fil des ans, mais, en contrepartie, les loyers y sont très bas.
Des loyers imbattables
Ratnasabapathy Murugiah, installé depuis 20 ans dans l’immeuble avec sa famille, paie 1'000 francs pour son 3 pièces, charges et place de parc comprises. Une autre locataire, Laure Ribeiro, présente depuis près de 30 ans, paie même 850 francs, toujours pour un 3 pièces. Elle se dit très stressée à l’idée de devoir chercher autre chose avec son mari et ses enfants, car impossible pour ces familles modestes de retrouver de tels loyers sur le marché immobilier actuel.
C’est la Ville de Neuchâtel qui a depuis quelques années un mandat de gérance des immeubles de la CPCN. La conseillère communale en charge du patrimoine bâti, Violaine Blétry-de Montmollin, indique que la Commune a pour mission d’épauler ces locataires dans leur recherche d’appartements. Une liste de logements vacants appartenant aussi bien à la CPCN qu’à la Ville a été mise à leur disposition. « On va trouver des solutions pour tout le monde », assure Violaine Blétry-de Montmollin.
La Ville de Neuchâtel précise dans son courrier que les locataires qui souhaiteraient revenir à l’issue des rénovations « pourront bénéficier d’une réservation », mais le loyer n’est « ni communiqué, ni garanti avant la fin des travaux. »
La Caisse de pension se dit elle aussi sensible à la difficulté de reloger les habitants, mais évoque l’engagement pris par la CPCN en matière de transition énergétique, qui passe par un important cycle d’assainissement de ses immeubles.
Pour Nicole Decker, cheffe de l’Office cantonal du logement, la rénovation des bâtiments est en effet une nécessité, même si le choc peut être rude pour les locataires. Elle reconnaît qu’il sera très difficile, voire impossible, pour ces gens de retrouver des logements à de tels prix, car « cet ancien marché n’existe plus ». Une fois que ces vieux appartements sont rénovés, ils sont plus chers, explique-t-elle.
Jonathan Gretillat est président de l’Asloca neuchâteloise, association de défense des locataires. Il regrette que les coûts d’assainissement des bâtiments finissent par retomber sur les locataires par le biais du renchérissement des loyers, d’autant plus, à ses yeux, que les propriétaires bénéficient souvent de subventions publiques pour mener ces travaux. /sbe









