Cinq individus ont été condamnés jeudi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds. Ils sont accusés notamment d’avoir cambriolé des particuliers et plusieurs entreprises de construction de la région. Ils écopent de peines allant de 8 à 36 mois de prison avec sursis, dont 6 mois ferme pour certains
Ils ont ratissé la région entre 2018 et 2021, jetant leur dévolu sur des particuliers, des entreprises de construction et même l’Etat. Leurs cibles : des outils de chantier et de jardin, des câbles et parfois des véhicules. Ces cinq hommes, âgés de 31 à 23 ans, ont été condamnés jeudi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds. Ils étaient accusés entre autres de vol en bande et par métier, de dommages à la propriété, de violation de domicile et d’escroquerie. Les peines prononcées impliquent de la prison, entre 8 et 36 mois, dont 6 mois ferme pour certains prévenus, avec 2 à 3 ans de sursis. Des remboursements sont également prévus jusqu’à hauteur 46'000 francs. Les frais de justice, qui se montent à 36'000 francs, seront également assumés proportionnellement par les prévenus.
Véhicules, câbles et outils dans le viseur
L’affaire a concerné une trentaine de cambriolages commis en l’espace de trois ans et demi. On estime le montant du préjudice à au moins 400'000 francs en faveur du plus actif des prévenus. 90'000 pour le moins actif des accusés.
Les cambrioleurs ont parfois visité des particuliers, leur dérobant divers outils de jardin, voire des véhicules tels que des voitures et même une tractopelle. Ils ont également pénétré sur des chantiers de plusieurs entreprises de construction de la région, notamment pour soustraire des dizaines de kilos de câbles et de l’outillage. Enfin, un passage sur un site du Service cantonal des ponts et chaussées leur a permis de subtiliser plusieurs éléments de signalisation.
Deux des accusés étaient également poursuivis pour une escroquerie à l’assurance. Au moyen de fausses factures, ils sont parvenus à obtenir une indemnisation de plus de 6'600 francs.
Justice à l’américaine
Cette affaire de cambriolage en bande a fait l’objet d’une procédure simplifiée. Depuis le 1er janvier 2011, le Ministère public, les avocats et les prévenus peuvent s’entendre sur la peine, à l’image du système américain. Le Tribunal contrôle ensuite l’accord et vérifie que ni les victimes ni les auteurs des crimes ne soient lésés. Il s’assure qu’il soit conforme au droit et qu’il satisfasse les règles que le Ministère public est chargé d’appliquer.
Frédéric Hainard, l’un des avocats de la défense, n’est pas un « adepte » de ce type de procédure. Il déplore l’image qu’elle renvoie, celle « d’une justice expéditive ». Toutefois, dans le cas présent, où toutes les parties sont sur la même longueur d’onde, ses effets sont bénéfiques, selon lui.
Frédéric Hainard :
Du côté de la procureure Sarah Weingart, la procédure simplifiée est une très bonne option, notamment lorsque la condition principale est satisfaite : les prévenus doivent admettre les faits. Elle estime néanmoins que ce type de démarche s’adapte mieux à des affaires de stupéfiants qu’à des cas de vols où les plaignants sont nombreux.
Sarah Weingart :
Les parties ont 30 jours pour faire appel de ce jugement. /dsa









