Les opposants à l’extension du site du Bois-Vert, soumis au peuple le 12 mars, craignent une augmentation du ballet de camions, des risques pour la santé et le stockage de déchets comme de l’amiante. L’entreprise Colas comprend ces craintes, mais rassure
« Démesuré » pour les opposants, « dans la continuité » pour l’exploitant. Les habitants de La Sagne se prononcent le 12 mars sur l’extension et la remise en état de la carrière du Bois-Vert. Un objet accepté par le Conseil général, mais combattu par référendum. Les opposants jugent le projet démesuré et dangereux pour le village alors qu'il engage les habitants pour une durée de 30 ans.
Pourtant, les chiffres articulés d’un côté et de l’autre ne concordent pas. D'après les opposants, si le projet est accepté, le volume des matériaux transportés atteindra 48'000 m3 dès la fin 2023. Un volume, qui selon eux, est multiplié par dix depuis 2002. Selon Cyril Leuba, membre du comité référendaire, cette croissance de l’exploitation aura comme conséquence une augmentation du nombre de camions qui transite sur le territoire communal soit 40 par jour, pendant les neuf mois durant lesquels le site est exploité. Selon les référendaires, il s'agit d'un camion toutes les douze minutes.
Cyril Leuba, membre du comité référendaire
Des chiffres que conteste l’entreprise Colas, qui exploite la carrière. Cette dernière articule le chiffre de 40'000 m3, dont 30'000 au maximum qui transiteront par la Sagne, comme stipulé dans une convention avec la Commune. En ce qui concerne le ballet de camion, Colas fait état de 26 camions par jour. Dimitri Convers, en charge de l’exploitation de la carrière Gentil et Fils à La Sagne, relève également que les camions sont, dans la majorité des cas, chargés à l’aller et au retour, sinon l’entreprise perdrait beaucoup trop d’argent. En ce qui concerne le passage d’un camion toutes les douze minutes, il relève que Colas n’a pas les mêmes chiffres.
Dimitri Convers, responsable de l'exploitation de la carrière
Dépôt d'amiante ou non ?
Si les Sagnards acceptent le projet le 12 mars, la carrière pourra accueillir une décharge de type B, soit des matériaux potentiellement toxiques, comme l’amiante. Là aussi, Colas tient à rassurer : elle renonce à stocker de l’amiante. Pour Corinne Haesler, du comité référendaire, il ne s’agit-là que de promesses, les décharges de type B pouvant les accueillir.
Corinne Haesler, membre du comité référendaire
Dimitri Convers tient à préciser que l’amiante a été exclu dans le dossier de la carrière. Colas ne pourra pas revenir en arrière faute de quoi il faudrait recommencer toute la procédure.
Dimitri Convers : « l’amiante a été exclue dans le dossier d’extension de la carrière »
Outre l’augmentation du trafic qui comporte un risque pour la sécurité routière, Corinne Haesler relève que les particules fines liées au reconditionnement du béton peuvent engendrer des maladies graves comme une irritation des voies respiratoires ou le cancer des poumons.
Corinne Haesler : « le retraitement du béton peut provoquer à terme des problèmes de santé »
Là aussi, Colas se montre rassurant. Les enquêtes menées ne montrent aucun problème avec ces particules fines. Dimitri Convers précise que des mesures sont prises pour limiter leur propagation. Des lave-roues seront installés pour nettoyer les roues des camions avant qu’ils ne sortent de la carrière et des systèmes d’arrosage vont permettre d’arroser le caillou pour éviter que la poussière ne s’envole.
Dimitri Convers : « Il n'y aura pas plus d'impact qu'il y en a actuellement »
Pour les opposants, l’extension de la carrière va également à l’encontre du plan d’aménagement local qui vise une augmentation de la population. Selon eux, les nuisances risquent non seulement de ne pas attirer de nouveaux contribuables, mais aussi d’en faire partir. Les Sagnards se prononcent le 12 mars. Une séance d’informations est organisée ce jeudi à 20h à la salle de spectacles en présence de toutes les parties. /sma









