Quand l’homosexualité était un crime « infâme »

L’historien Karim Boukhris vernit samedi à La Chaux-de-Fonds la saison 2 de ses Capsules criminelles ...
Quand l’homosexualité était un crime « infâme »

L’historien Karim Boukhris vernit ce samedi à La Chaux-de-Fonds la saison 2 de ses Capsules criminelles. Ces courts récits plongent le lecteur dans la vie de Neuchâtelois pris dans les rouages de la justice au 19e siècle

Karim Boukhris vernit la saison 2 de ses Capsules criminelles samedi à La Chaux-de-Fonds. Karim Boukhris vernit la saison 2 de ses Capsules criminelles samedi à La Chaux-de-Fonds.

Une jeune fille qui se débarrasse de son nouveau-né, un rebouteux interdit d’exercer et un voleur multirécidiviste, simple d’esprit, dont la justice ne sait plus que faire : toute une palette de personnages défile dans les Capsules criminelles de Karim Boukhris. L’auteur et historien vernit la saison 2 de ses courts récits ce samedi à La Chaux-de-Fonds à 16 heures au café de la Société de consommation.

Karim Boukhris a décortiqué quelque 2'400 affaires judiciaires neuchâteloises du 19e siècle en se plongeant dans les archives. En s’appuyant sur cette vaste matière, il a mis en forme vingt courts récits répartis en deux ouvrages. Un troisième est en projet. Ces histoires mettent en lumière « la vie des petites gens, des éléments dont on ne trouve aucune trace écrite » par ailleurs, explique l’auteur, à l’image de cette veuve qui aide de jeunes femmes à se débarrasser de leur nouveau-né. Les filles-mères célibataires étaient en effet vouées à des « destins misérables », explique Karim Boukhris.


Une période où l’homosexualité pouvait être punie de la peine de mort

Il apparaît également que la justice neuchâteloise rechignait à poursuivre les crimes de sodomie pour éviter de faire de la publicité à des actes qualifiés d’infâmes à l’époque. L’homosexualité pouvait alors conduire à la peine de mort, avant d’être décriminalisée en 1855. Karim Boukhris :

Ces récits offrent également un éclairage sur l’évolution du système judiciaire neuchâtelois. En une cinquantaine d’années, les punitions physiques (coups de fouet, carcan et peine de mort) vont céder leur place à des peines de prison, explique Karim Boukhris. Le premier pénitencier neuchâtelois sera construit en 1870 sur la colline du Mail à Neuchâtel. La torture sera abolie en 1815 sur ordre de Frédéric Guillaume III de Prusse, qui s’étonne que ses sujets de Neuchâtel recourent encore à ce genre de pratique. Jusque-là, ce moyen était utilisé pour obtenir les aveux des accusés, preuves ultimes sous l’Ancien Régime. Karim Boukhris :

Karim Boukhris parcourt les cafés et restaurants de la région pour égrainer ses Capsules criminelles auprès du public. Lors du vernissage de ce samedi, il ajoutera quelques compléments aux récits, disponibles dans les librairies du canton. Le samedi 18 février, l’auteur commentera d’autres affaires encore au café Vostok à La Chaux-de-Fonds, en attendant la troisième saison des Capsules criminelles. /sbe


 

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