Le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel a reçu début janvier 81'000 francs de la Confédération pour travailler sur ses collections et archives. Objectif : trouver d’où viennent ses spécimens
« On veut raconter l’histoire humaine qui se cache derrière nos spécimens », résume la conservatrice Celia Bueno. Le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel a reçu début janvier 81'000 francs de la Confédération pour enquêter sur la provenance de ses collections zoologiques d’Amérique centrale et du Sud.
Et il va pouvoir le faire grâce à ses archives, par exemple des lettres de l’explorateur Johann-Jakob von Tschudi. De 1838 à 1843, le naturaliste a parcouru le Pérou et ramené oiseaux, mammifères, insectes et reptiles à Neuchâtel.
C’est sur les spécimens ramenés de ce grand voyage, ainsi que celui d’Otto Fuhrmann et Eugène Mayor en Colombie en 1910, que porteront principalement les recherches du Muséum d’histoire naturelle.
Lamas, colibris, poissons... Lors de leurs grands voyages, les explorateurs ont ramené de nombreuses espèces à Neuchâtel
Le soutien de la Confédération pour 2023-2024 concerne 28 musées pour un peu plus de deux millions de francs au total. Parmi eux, 14 sont des projets dans le domaine des biens culturels issus de contextes coloniaux et des biens culturels archéologiques.
Une nouveauté pour les musées d’histoire naturelle
Dans la liste des projets soutenus par la Confédération, on retrouve seulement deux musées d’histoire naturelle : ceux de Bâle et Neuchâtel.
La conservatrice Pauline de Montmollin ne s’en étonne pas. Ces recherches sur la provenance sont encore peu répandues dans les musées d’histoire naturelle, bien qu’elles se développent de plus en plus.
Pauline de Montmollin : « De plus en plus on a des biologistes sensibilisés à l'histoire des collections, ainsi que des équipes plus mixtes »
L’opération permettra aussi de « montrer que les collections sont ouvertes », souligne Celia Bueno. L’idée, en découvrant comment les collections sont entrées dans les bâtiments du Muséum, est d’être transparent et de permettre aux chercheurs du monde entier d’avoir accès à ces spécimens. Elle ajoute que « l’idéal serait de pouvoir lier chaque pièce d’archive au spécimen concerné » à travers une base de données informatiques.
Celia Bueno : « On veut permettre aux chercheurs du monde entier d'avoir accès à nos spécimens »
Le Muséum doublera les 81'000 francs
Le Muséum doit maintenant monter l’équipe du projet et recruter les employés nécessaires. Il doublera les 81'000 francs de la Confédération – c’est une condition pour obtenir l’argent - en allouant du temps de travail aux conservateurs pour ces recherches, en recrutant un stagiaire ou civiliste, en engageant un collaborateur scientifique et un informaticien afin de créer une base de données.
En marge du projet, un colloque scientifique sur la décolonisation des muséums d’histoire naturelle aura lieu en mars. Et Pauline de Montmollin glisse que, peut-être, de ce travail d’archive naitra une idée d’exposition. /mde









