Les paris risqués des grands singes

Les grands singes prennent des décisions en fonction de risques calculés, mais ils ont aussi ...
Les paris risqués des grands singes

Les grands singes prennent des décisions en fonction de risques calculés, mais ils ont aussi leur part d’irrationnel. C’est ce que montre une étude de l’Université de Neuchâtel sur les orangs-outangs et les gorilles

Les orangs-outangs sont capables d'évaluer les risques de certains de leurs choix (photo d'illustration). Les orangs-outangs sont capables d'évaluer les risques de certains de leurs choix (photo d'illustration).

Les gorilles et les orangs-outangs prennent leurs décisions un peu à la manière des humains. C’est ce que montre une étude de l’Université de Neuchâtel paru récemment dans la revue scientifique spécialisée PLOS One.

Une équipe du Laboratoire de cognition comparée, menée au Zoo de Bâle, a demandé à ces grands singes de faire des paris sur le contenu de récipients. Ils pouvaient opter pour un gobelet dit « risqué », qui pouvait contenir soit une récompense importante, soit rien du tout. Ou alors un gobelet « sûr », qui contenait de toute manière une petite friandise. L’étude démontre que les primates sont capables de se décider en estimant les probabilités et qu’ils préfèrent prendre des risques.

Une seconde partie de l’expérience montre qu’en modifiant la configuration des gobelets, sans changer les chances d’obtenir une récompense, les singes peuvent être amenés à opérer d’autres choix. En clair, comme l’explique Pénélope Lacombe, première autrice de l’étude, les singes, comme les humains, font des choix rationnels, mais également des choix irrationnels. 

« Ça ressemble beaucoup à ce qu’on observe chez l’humain »

Pour la scientifique, cette étude d’éthologie ne se limite pas à observer comment les primates dégustent des friandises dans des gobelets. Il s’agit d’un modèle de leurs comportements dans la nature, qui permet de comprendre, par exemple, que le goût du risque joue un rôle dans le processus d’évolution et qu’il ne s’agit pas uniquement d’un fait culturel présent chez les humains.

« Tous les animaux sont confrontés à des choix qui correspondent à des paris »

Cette étude est issue d’un partenariat entre l’Université de Neuchâtel et le zoo de Bâle, entamé en 2016. Une collaboration qui a permis de fonder un Centre de recherches sur les primates, qui fourmille de projets très diversifiés.

« Le projet est en train de prendre une ampleur très importante »

/jhi


 

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