Yverdon-les-Bains valorise ses eaux usées

La Ville veut épargner l’eau potable en réutilisant une partie de l’eau qui ressort de sa station ...
Yverdon-les-Bains valorise ses eaux usées

La Ville veut épargner l’eau potable en réutilisant une partie de l’eau qui ressort de sa station d’épuration. Il s’agit de recycler le précieux liquide pour des usages d’entretien et d’irrigation

Yverdon entend puiser entre 50 et 80m3 de l’eau qui ressort propre de sa station d’épuration pour la réutiliser dans divers travaux d'entretien. Yverdon entend puiser entre 50 et 80m3 de l’eau qui ressort propre de sa station d’épuration pour la réutiliser dans divers travaux d'entretien.

Est-il judicieux d’utiliser de l’eau propre à la consommation pour arroser les espaces verts, purger les canalisations ou encore nettoyer les routes ? La Ville d’Yverdon-les-Bains s’est penchée sur cette question. Elle lance ainsi un projet pilote qui propose de réutiliser une partie des eaux usées pour réaliser des travaux d’entretien et d’irrigation. Elle puisera entre 50 et 80 mètres cubes d’eau préalablement nettoyés par sa station d’épuration. « L’eau traitée a un rendement d’épuration de 98% à la sortie », précise le responsable de la STEP Marcel Pürro, « l’idée était d’encore l’hygiéniser pour enlever les germes restants ». Pour cela, l’eau passe par un système à base de rayons ultraviolets.

Marcel Pürro

Cette revalorisation des eaux usées à large échelle est une première en Suisse. L’idée a été importée de l’étranger par Marcel Pürro, lors de voyages professionnels.

Le Service communal des travaux et de l’environnement (STE) a réalisé plusieurs tests sur ses véhicules et sur des plantes pour « vérifier la compatibilité de ces eaux usées traitées ». Selon l’adjoint au chef du service Antoine Sauser, il s’agissait notamment de vérifier que le chlorure ferrique n’ait pas d’impact sur la croissance des végétaux. Les résultats sont pour l’instant concluants.

Antoine Sauser

Cette revalorisation des eaux usées est vue d’un bon œil par les autorités. Elle se heurte toutefois à un cadre légal fédéral assez strict. Le Canton a autorisé des tests « à partir du moment où on ne ne touchait pas à la nappe phréatique », explique la conseillère municipale Brenda Tuosto, en charge du STE. Un frein difficile à comprendre sachant que l’eau finira de toute manière dans le lac. Cette même eau qui représente 20% de l’eau potable du réseau.

Brenda Tuosto

La STEP d’Yverdon-les-Bains fait ainsi figure de précurseur en élargissant et en voulant généraliser l’utilisation des eaux usées traitées. A La Chaux-de-Fonds, ce type d’usage n’est pas envisagé pour le moment. Il se limite uniquement à une utilisation interne pour par exemple le lavage des véhicules. En revanche, un système de filtration des micropolluants est en cours d’installation à la STEP de la Métropole horlogère. Il sera mis en service début 2024 à Yverdon. /dsa

Reportage au cœur de la STEP d’Yverdon en compagnie de son responsable Marcel Pürro :


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