La BNS devrait mieux se porter en 2023

La Banque nationale suisse a annoncé lundi un exercice 2022 dans le rouge. L'institut d'émission ...
La BNS devrait mieux se porter en 2023

La Banque nationale suisse a annoncé lundi un exercice 2022 dans le rouge. L'institut d'émission a enregistré une perte de quelque 131 milliards de francs sur les positions en monnaies étrangères et d'environ 1 milliard sur les positions en francs. Décryptage de cette situation avec Thomas Veraguth, économiste chez UBS

Thomas Veraguth, économiste chez UBS, était l'invité de la Matinale pour revenir sur l'exercice 2022 de la Banque nationale Suisse. (Crédit : UBS) Thomas Veraguth, économiste chez UBS, était l'invité de la Matinale pour revenir sur l'exercice 2022 de la Banque nationale Suisse. (Crédit : UBS)

Le chiffre donne le vertige. La Banque nationale suisse a terminé l’année dans le rouge vif. L’institut d’émission a annoncé lundi une perte d’environ 132 milliards de francs en 2022. Il ne redistribuera rien à la Confédération et aux cantons. Un chiffre que les économistes avaient prévu. Depuis 2015, le franc suisse prend beaucoup de valeur par rapport à l’Euro. La BNS a pour mission d’assurer la stabilité des devises. Et pour ce faire, indique Thomas Veraguth, économiste chez UBS, la banque des banques a dû augmenter massivement son bilan de 100 milliards de francs à l’époque, à 1000 milliards. Les investissements qu’elle fait sur ces devises ont énormément fluctué en 2022. En raison de la grandeur du bilan de la BNS, les pertes sont donc abyssales. La bonne nouvelle est que la BNS devrait pouvoir engranger des revenus et des gains positifs en 2023 et 2024. La BNS ne fonctionnant pas du tout comme les banques d’affaires, des instituts comme UBS ou la Banque cantonale neuchâteloise ne sont pas dans le même cas de figure et ne vont pas engranger de perte.

En raison de cette perte de près de 132 milliards, la BNS ne distribuera rien aux cantons ni à la Confédération. Elle avait versé 6 milliards l’an passé. Certains cantons, comme celui de Neuchâtel, s’étaient préparés à cette possibilité. Pour l’économiste Samuel Bendahan, conseiller national vaudois, il ne faut pas s’inquiéter de cette situation. En revanche, il estime que le changement de stratégie de la BNS, qui n’achète quasiment plus de monnaie étrangère pour modérer l’inflation, n’est pas bon. Il relève également que la santé de la BNS reste bonne puisque ces pertes ne sont liées « qu’à » une fluctuation de changes. « En réalité, cette banque a un bilan qui vaut des centaines de milliards de francs. ». /sma-sju


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