Dans le canton de Neuchâtel, l’urbanisation du Littoral et la canalisation des cours d’eau pèse localement sur les salamandres tachetées, récemment désignées « animal cavernicole 2023 » par la Société suisse de spéléologie. Le changement climatique joue aussi un rôle
Urbanisation du Littoral, changement climatique, canalisation des cours d’eau, réchauffement et pollution de l’eau : toutes des menaces pour la salamandre tachetée.
Ce petit amphibien nait dans les ruisseaux, puis vit sa vie d’adulte en forêt ou dans les grottes. Dans le canton, il se trouve sur le Littoral ou encore dans les côtes du Doubs.
Comme pour les amphibiens ailleurs en Suisse, la population de salamandes tachetées est en régression. Sa présence requiert des cours d’eau en très bonne santé, sans pollution, bien oxygénés et pas trop chauds explique Robin Arnaux, correspondant régional neuchâtelois pour le Centre national des données et d'information sur les amphibiens et les reptiles (KARCH), spécialisé sur les amphibiens.
Robin Arnaux : « Il pèse pas mal de menaces localement sur ces salamandres »
La Société suisse de spéléologie (SSS) a récemment choisi la salamandre tachetée comme animal cavernicole de l’année 2023. L’occasion de braquer la lampe torche au fond des grottes.
Car la connaissance de la biodiversité souterraine manque en Suisse, selon Christian Lüthi. Pour le secrétaire de la commission patrimoine de la Société suisse de spéléologie, il y a besoin d’études approfondies pour protéger les biotopes et animaux qui vivent sous terre.
Il faut identifier quels animaux habitent nos grottes, ainsi qu’étudier les petits animaux et invertébrés qui s’y logent. « Chez nous, on a moins de soutiens qui finissent dans les relevés, les recherches et la protection que dans l’Union européenne ».
Christian Lüthi : « Il est très urgent d'agir et d'avoir plus de recherches sur les écosystèmes souterrains »
Le dérèglement climatique affecte aussi les biotopes souterrains. Les cavernes où s’abrite la salamandre tachetée sont très sensibles aux changements de température, même de quelques centièmes.
Et en extérieur, explique Robin Arnaux, s’il fait assez chaud en hiver (plus de 5 degrés), les salamandres sortent et s’exposent plus longtemps à l’un de leurs dangers mortels : les voitures.
La salamandre tachetée est impactée par les températures douces de cet hiver.
Si vous voyez une salamandre qui semble blessée, Christian Lüthi conseille de prendre des photos et alerter les spécialistes (la SSS ou le KARCH). Il ne faut ni les toucher ni les ramasser. /mde









